les_belles

Comme l'indique le titre, elles sont belles et endormies. Ce ne sont ni Blanche-Neige, ni La Belle au Bois dormant, ni la jolie Fiona de Shrek, et aucun prince ne vient les réveiller. Il s'agit de très jeunes prostituées (vierges ?), droguées pour un long sommeil de plomb, et destinées à être "consommées" de manière très particulière. Des vieillards viennent s'allonger à leurs côtés, pour les regarder dormir, éventuellement les caresser (chastement ?), les embrasser, s'imprégner de leur odeur - comme bain de jouvence ou parce qu'ils sont devenus impuissants (en 1960, pas de Viagra). Pas d'acte sexuel sur ces jeunes filles, en principe, mais des fantasmes à volonté, oui. Le lecteur assiste à chacune des visites d'Eguchi (soixante-sept ans), et prend connaissance des pensées et souvenirs qui le traversent lorsqu'il contemple ces corps juvéniles.

L'histoire m'a rappelé La clef, de Jun'ichirō Tanizaki, petit roman troublant dans lequel une femme artificiellement endormie stimule la libido des hommes. Thème dérangeant puisqu'il évoque la nécrophilie. Autres points gênants : les fantasmes de meurtre, la pédophilie - et un zeste d'inceste en pensée ?

La plume est minutieuse, le récit lent et répétitif, les allusions aux fleurs sont fréquentes - caractéristiques que j'ai souvent rencontrées dans la littérature japonaise et qui ont une fâcheuse tendance à m'ennuyer, a fortiori si l'intrigue ne me captive pas.

12/20 - Horloge 2 & 3 février

Les Belles Endormies, Yasunari Kawabata, Le Livre de Poche, Biblio Romans, 1982, 124 p. (initialement paru au Japon en 1960, l'auteur avait 61 ans, à peine moins âgé que son narrateur, donc)

 Yasunari Kawabata - 川端 康成 - 1899-1972