sans_sang coeur_gris 

La fin d'une guerre n'est pas synonyme de paix : elle ne signe pas la fin des hostilités entre les parties adverses. Au contraire, l'heure est plutôt aux règlements de comptes. Les anciens dominants peuvent subir en représailles une justice expéditive de la part des "vainqueurs".

Ce magnifique roman évoque les lendemains d'une guerre au sein d'une population. Son propos est universel : les comportements ne varient guère selon les lieux, les époques, les motifs qui ont déclenché un conflit. Les exemples ne manquent pas, qu'on se souvienne de l'épuration - parfois "sauvage" - en France à la Libération...  Alessandro Baricco pose ici une question intéressante : au nom de quoi les hommes continuent-ils à s'entretuer ? Par vengeance ? Pour justifier la cause qu'ils prétendent avoir défendue lors du conflit ? L'auteur n'excuse pas les différents agissements, mais il les expose alternativement et incite ainsi le lecteur à s'identifier aux protagonistes, plus qu'à les condamner.

Ce texte bref et sobre a l'élégance et l'intensité des courts romans de Steinbeck. Il est en outre admirablement bien construit : deux parties, l'une sur l'immédiat après-guerre, l'autre sur une rencontre, quelques décennies plus tard, où l'on voit que les comptes ne sont toujours pas soldés.

Dense, subtil, intense, bouleversant, universel.

Merci Laurence pour le conseil ! 

 Premier de la classe Pouce levé = 17/20 - Horloge - 17 février

Sans sang,  Alessandro Baricco, Folio, octobre 2004, 128 p. 

PS vocabulaire : "après-guerre" est féminin ou masculin... (cf. wiktionnaire)