fitzekLu par Mr :

Un serial killer sévit à Berlin. Son mode opératoire comporte plusieurs constantes : des enfants sont enlevés, cachés, et semblent condamnés à mort si rien ne vient interrompre le compte à rebours enclenché par leur ravisseur. En outre, un oeil est prélevé post-mortem sur chaque petite victime.

Très vite une course contre la montre démarre : des jumeaux ont disparu. Cette fois encore, tout est programmé pour qu'ils meurent s'il ne parviennent pas à se libérer, ou ne le sont pas par ailleurs, dans le temps imparti pour ce faire.

La police est sur l'affaire, de même qu'Alexander Zorbach. Ce dernier est journaliste, il a dû abandonner sa carrière de policier suite à une "bavure". L'enquête officielle et celle de Zorbach se croisent, mais d'une manière non désirée par ce dernier, lequel devient suspect au yeux de ses anciens collègues...

J'ai beaucoup apprécié les deux premiers tiers du roman. Fitzek y instaure un suspense intense et les portraits des protagonistes y sont bien dressés (suffisamment ambigus pour amener le lecteur à s'interroger en permanence à leur sujet). En revanche plus l'ultimatum approchait, plus j'ai été agacé : d'une part par la manière dont l'auteur fait traîner les choses, façon trop artificielle de chercher à maintenir le lecteur en haleine, d'autre part par le caractère confus de l'histoire (peut-être dû au fait que j'ai lu moins attentivement cette partie). L'explication finale m'a semblé cohérente, mais cela n'a pas suffi à dissiper l'agacement ressenti à la lecture des derniers moments. Enfin, je n'ai pas trouvé les motivations du serial killer très subtiles, mais ce point-là reste secondaire dans la construction de l'intrigue en elle-même.

Dans ses remerciements, l'auteur explique comment il s'est documenté sur le thème de la cécité, qui occupe une place importante dans cet ouvrage. De fait cette question est abordée de manière originale et instructive, à travers le "regard" d'une personne privée de la vision.

Avant de me plonger dans un autre roman de cet auteur, j'irai voir ce qu'en ont pensé des lecteurs, Canel, notamment (Thérapie et Le briseur d'âmes).

Le Voleur de regards, Sebastian Fitzek, Archipel, Suspense, mars 2013, 350 p.

Merci à Julie de LP Conseils et aux éditions de l'Archipel.