juste_une_ombre

Pocket, Thriller,
7 mai 2013, 606 p. 
1e parution en 2012

♥ ♥ ♥ ♥ ♥ (presque)

Parfait pour jouer d'emblée avec les nerfs du lecteur : présenter des faits de harcèlement non vérifiables par autrui, et laisser planer le doute sur la paranoïa de la personne qui s'en dit victime.

Giébel montre encore une fois son talent à disséquer la perversité des rapports humains : séduction, manipulation, sadisme, relations de pouvoir et de soumission (au travail, en famille, en amour, en amitié), dépendance à l'autre qui fait perdre toute dignité, etc. Alors bien sûr, le trait est forcé, les situations parfois insupportables, mais la démonstration n'en est que plus éloquente. Que l'on pense aux expériences sur les rats de laboratoire, où le dominant se manifeste vite... L'animal humain n'échappe pas à ce type de comportement social.

Les clichés du genre policier ne manquent pas, les ressemblances avec d'autres thrillers, de cette auteur ou d'autres écrivains (je pense à un français récent) non plus, et les invraisemblances sont agaçantes (cape d'invisibilité ?). Mais qu'importe les clichés, les redondances chez Giébel (des femmes blindées d'orgueil et tellement faibles par ailleurs, les passages à la guimauve...). Ce livre est un excellent page turner, déjà, et offre en prime une analyse brillante des relations humaines. Quelques touches d'humour viennent soulager de loin en loin le malaise et la tension du lecteur, grâce à certaines répliques cinglantes d'Alexandre, flic blessé, bourru, en colère.

Voilà bien longtemps que je n'avais pas eu tant de mal à lâcher un livre, un pavé pourtant. Parce que, malgré tout ce que je lui reproche, je l'ai trouvé simple à lire, agréable, particulièrement habile et surtout très riche.

Vais-je attendre la sortie poche du tout dernier Purgatoire des innocents, présenté par les lecteurs comme encore plus fort que Meurtres pour rédemption ? Ma PAL de polars/thrillers devrait m'aider à résister. Et comme les ambiances sont proches d'un roman de Giébel à l'autre, autant attendre pour mieux savourer.

Une petite larme cette fois aussi ? oui, une heure après avoir refermé le livre... Emoji

Horloge  8 & 9 mai - pitié, variez les titres, Karine Giébel et/ou son éditeur : on s'y perd - hein Sandrine !? Emoji - mais celui-ci convient à merveille.

---- Challenge thrillers et polars de Liliba, 48e ----
dernier récap des lectures de TOUS les participants fin avril ici (plein d'idées à piocher !) -

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