silhouetteJCMGallimard Jeunesse, Scripto
janvier 2013, 224 p.

♥♥♥♥♥ 

Dix nouvelles sur des individus ordinaires, discrets, auxquels on s'identifie aisément. Ils ont traversé jusqu'alors les années sur la pointe des pieds, sans se faire remarquer. Rien ne semble les destiner à vivre un événement insolite, spectaculaire, dramatique. Ils n'ont pas "mérité" de devenir à ce point victimes (enfin, pas tous...).

Jean-Claude Mourlevat a un talent extraordinaire pour captiver immédiatement son lecteur. Le ton employé, la construction des récits et le suspense instauré donnent la délicieuse impression de lire des contes. Dès les premières lignes, la tristesse et/ou l'émotion enveloppent comme un brouillard, l'intrigue et le dénouement peuvent nouer la gorge, voire faire verser quelques larmes. Si le style et les idées sont parfois un brin naïves, les sujets abordés et les réflexions qu'ils suscitent sont riches, en revanche. Sentiment de culpabilité, cruauté, lâcheté, vengeance, manque de confiance en soi - voici quelques uns des thèmes abordés. On peut les appréhender ici au premier degré et en rester là, ou alors les creuser après lecture, à chaud, lorsque l'émotion est encore là. Je me suis particulièrement attardée sur "Ouessant", qui pose bien des questions sur la nature humaine.

A lire de préférence dans l'ordre pour la surprise finale, habile.

On retrouve le talent de conteur de Jean-Claude Mourlevat dans L'homme à l'oreille coupée, et L'enfant océan, que Mr et moi avions beaucoup apprécié - mais pas les enfants, à 10-12 ans... Et on découvre son regard pétillant sur la photo ci-dessus !

Lu et aimé par Mr et Junior (12 ans à l'époque) : Le chagrin du Roi mort.

Horloge 17 & 18 mai - emprunt mdtk - superbe couv, particulièrement éloquente : ces individus qui se font tout petits, rasent les murs, et traversent un jour une épreuve, seuls.