s_v_re_RJSeuil, 2010
Points, 
mars 2011
160 p. - 5.98 €

♥♥♥♥♥

Une liaison sado-masochiste entre un "prince de la finance et sa putain" (sic). Relation sulfureuse à souhait, puisque les rôles de domination/soumission ne se limitent pas aux jeux sexuels. L'homme est richissime, donc tout-puissant (il manipule les ministres à l'envi), tyrannique, sadique avec tous, sans scrupules, sans tabous. Il jouit d'humilier, mais aussi d'être maltraité lorsqu'il le décide, et de frôler la mort de très près. C'est sa maîtresse qui domine lors de leurs "séances", mais c'est toujours lui qui fixe les règles.

Si le "maître" se révèle aussi répugnant que pitoyable, la jeune femme paraît en revanche attachante. Son témoignage suscite bien des questions. Amour ou vénalité de sa part ? Besoin de se sentir indispensable à un homme, indubitablement. Sexe ? oui, du tendre (très rarement) au plus dérangeant (principalement). Argent, pouvoir et perversité par-dessus tout... Quid du mari ? lâche, veule, pervers lui aussi ? 

Régis Jauffret s'est inspiré pour écrire ce roman de l'affaire "Edouard Stern". Cette fiction est l'occasion pour le lecteur de prendre conscience de son propre voyeurisme. De sa jubilation malsaine à se repaître de sordide et de détails indécents, de son plaisir mesquin à voir un riche/puissant tomber, traîné dans la boue, victime de sa sexualité (cf. DSK). 

Malgré le sentiment de malaise qui ne m'a pas quittée, j'ai dévoré ce roman. Ceci notamment grâce à une plume précise qui va à l'essentiel, au fond de la fange, sans exhibitionnisme.

Un auteur que j'ai envie de découvrir davantage.

Horloge 19 mai

Adapté en film (et rebaptisé platement Une histoire d'amour) en 2011 par Hélène Fillières. 
Benoît Poelvoorde et Laetitia Casta incarnent les deux personnages principaux et Richard Bohringer endosse le rôle trouble du mari.
Bizarre et incongrue, je trouve, la musique gentillette de Daho en BO...