cherchez_la_femmeActes Sud Editions
mars 2013, 550 p.

♥♥♥♥

Deux générations, deux couples. Le premier formé dans les années 60. Le second, dans les années 80. Chacune de ces unions chaotiques s'est-elle construite sur de mauvaises bases, sur des malentendus, des faux-semblants ?

Ce récit a beau couvrir plus de soixante-dix ans d'une histoire familiale, il présente très peu les événements qui ont marqué la vie des protagonistes. L'auteur dissèque en revanche les personnages, leur personnalité, leurs comportements, leurs relations si complexes - ceci inlassablement, de manière redondante, lancinante.

Il est question de mères, de leur influence et de leur pouvoir destructeur, de la place des enfants dans une famille et de celle des adultes dans une société. Mais aussi, et surtout, de dépression, d'alcoolisme, de sensation de vacuité, de manipulation, de cruautés conjugales, de divorce... Le propos est très sombre, pessimiste, sans lueur d'espoir ; même quand les relations semblent s'apaiser, l'auteur laisse entendre - et ce dès les premières pages - que ce n'est qu'un répit, que tout est voué à l'échec.

Le lecteur y voit forcément un miroir et ne peut que s'interroger sur ses propres comportements. Qu'est-ce qu'aimer ? Sommes nous jamais sincères ? avec nous-mêmes ? avec les autres ? en société ? avec nos proches ? Et comment réagirions-nous si, comme Marianne... ?

La plume d'Alice Ferney est ici fouillée, précise, exquise. Elle évoque celle de Zola pour la minutie et la rigueur, celle de Zweig pour ces mêmes caractéristiques et pour la pertinence des analyses psychologiques. J'ai également pensé à Maupassant, Irène Nemirovsky, et à la vision désabusée de Bazin sur le couple dans les années soixante (cf. Le Matrimoine, notamment). 

J'ai peiné sur ce livre. D'abord parce que l'écriture m'a semblé tellement admirable que je lisais très soigneusement chaque phrase, où chaque mot compte. Ensuite parce que cette lecture est d'emblée douloureuse, perturbante. Enfin parce que certains personnages finissent par tomber dans la caricature et que leurs attitudes, difficiles à admettre, agacent.

Pour qualifier cet ouvrage : entre le génial, le brillant... et le pénible, redondant, glauque.

Gambadou, inconditionnelle de l'auteur, émet un bémol.

Horloge  5 au 14 juin - emprunt mdtk - la couv ne me semble pas adaptée