un_amour_noir

I lock my door upon myself, 1990
traduit de l'américain par Marie-Lise Marlière
Editions du Félin, 1993, 116 p.

♥♥♥♥

Née à la fin du XIXe siècle, Calla a toujours été difficile et indomptable selon ses proches. Mariée très jeune à un fermier de vingt ans son aîné qui la dégoûtait, elle eut trois enfants auxquels elle ne parvint pas à s'attacher. Et puis est "arrivé un vagabond" (oui, cela ressemble à cet ouvrage de Robert Goolrick) qui l'a éveillée à la sensualité, à la liberté.

La narratrice, la "fille de la fille" de Calla, reconstitue l'histoire de cette aïeule, cherchant à comprendre pourquoi elle vécut recluse les cinquante-cinq dernières années de sa vie. Pauvreté, conventions, condition féminine, rumeurs, ségrégation raciale... furent le terreau de cette passion dévastatrice, de ce drame.

Dans les autres romans de Joyce Carol Oates que j'ai lus, les hommes sont systématiquement cruels, manipulateurs, destructeurs - les femmes et les enfants en font les frais. Les personnages sont plus nuancés ici : c'est une femme qui fait souffrir ses proches, bien malgré elle, et qui en est la première victime.

Un beau récit aux accents de déjà-vu. Il est vrai que les passions adultères délétères sont un sujet inépuisable, universel et intemporel... 

Horloge 16 & 17 juin - emprunt mdtk

PS :  c'est ce tableau de 1891 de Fernand Khnopff ("I lock my door upon myself")
qui a inspiré ce texte à Joyce Carol Oates, elle en a d'ailleurs repris le titre

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