l_insoumiseActes Sud, coll. L'An 2
janvier 2013, 140 p.

♥♥♥♥

Une biographie intéressante : celle d'Antoinette Brisset, dite Christine, qui se démena à Angers au lendemain de la seconde guerre mondiale en faveur des mal-logés. Ville sinistrée par les bombardements, comme tant d'autres, 4 000 logements détruits, des familles vivant dans un dénuement extrême, des conditions insalubres.

Cette femme se bat contre notables, propriétaires, magistrats et politiciens pour remédier à ce problème : squat de propriétés inhabitées, construction de nouveaux logements envers et contre certaines lois, notamment celle limitant certains équipements dans les HLM.

On peut être dérouté voire totalement rebuté par la présentation, ultra fantaisiste, et que j'ai pour ma part trouvé hideuse : un mélange de photos, de dessins, de couleurs criardes, et la silhouette omniprésente de l'héroïne mains sur les hanches comme sur la couverture... On peut aussi être écoeuré par le triomphalisme de cette femme, son manque de modestie lorsqu'elle témoigne (à quatre-vingts ans), et par la façon dont elle est présentée dans l'album : une héroïne, une sainte, une superwoman. Il est dit à plusieurs reprises qu'elle a "construit" des logements - de ses mains ? bien sûr que non.

Je ne remets pas en question ce qu'Antoinette Brisset/Christine a accompli, son courage, sa ténacité. Mais le récit est tellement dithyrambique que le contenu en devient suspect. N'en jetez plus, la sobriété est plus convaincante que la surenchère.

Album créé d'après le film de Marie-José Aubert "On l'appelait Christine".

Horloge 27 & 28 juillet - emprunt mdtk