d_acierAcciaio, 2011
traduit de l'italien par Françoise Brun

Liana Levi, Piccolo
mai 2012, 400 p.

Eté 2001 à Piombini, une cité ouvrière italienne. Des femmes qui triment et souffrent, des époux et pères violents et/ou totalement irresponsables. Des jeunes qui ne veulent pas suivre ce chemin, mais qui n’ont finalement guère le choix et entrent aux aciéries dès seize ans (comme leurs voisins, leurs père et grands-pères), arrondissant les fins de mois avec petites combines, deal et vol de cuivre. Qui continuent malgré tout de rêver de l’île d’Elbe, eldorado inaccesible qu’ils aperçoivent de leur cité.

En vedette dans ce roman, les inséparables Anna et Francesca à la veille de leur quatorze ans, âge charnière où le corps se transforme plus ou moins harmonieusement. Elles, elles resplendissent, rendant jalouses les ‘boudins’ de leur âge, amoureux les garçons, concupiscents les hommes. Elles sont deux lolitas plus innocentes et vulnérables que ne le laissent supposer leur arrogance, leurs provocations et exhibitions perverses.

Ce roman est splendide, intense, sensuel, sobrement et magnifiquement écrit. Pauvreté, souffrance, tensions, chaleur d’un été italien sont parfaitement décrits. La sensualité qui s’en dégage peut parfois déranger, s’agissant de l’éveil des sens d’adolescentes. On s’y sent toujours sur un fil, comme dans certains romans de Steinbeck : entre enfance et préoccupations d'adultes, entre routine et drame, entre passivité et action, entre amitié et coups de sang, entre docilité et rébellion...

Horloge 12-14 août