un_printempsFuturopolis
octobre 2012, 168 p. 

♥♥♥♥♥

Après bien des hésitations, un problème de santé (psychosomatique ?) handicapant pour son travail de dessinateur, Emmanuel Lepage part finalement à Tchernobyl en 2008, sur les lieux de la catastrophe d’avril 1986. Cet album est un carnet de voyage de ce qu’il y a vu et ressenti, de ses échanges avec les personnes rencontrées.

L’auteur rappelle en texte et en image l’accident nucléaire, les heures et jours qui ont suivi, la panique, le chaos, le travail des "liquidateurs" (500 à 800 000 hommes en action), la population évacuée trop tard, les gens revenus vivre en zone interdite, les décès, les cancers à venir, la débâcle économique pour toute une région… Cela, je "connaissais" via quelques ouvrages (cf. 'La supplication', 'Fukushima', 'Tchernobyl, la zone'.. ). Ce qui n’empêche pas à chaque nouvelle lecture la sidération, l’horreur, la révolte et, plus égoïstement, la peur.

Ce qui frappe dans cet album (et les extraits choisis par les lecteurs en témoignent) : le triomphe de la vie - la vie végétale et animale dans cet environnement dévasté et toujours très toxique, la survie et la réorganisation des populations restées sur place, leur optimisme malgré les morts. D'ailleurs, cela surprend l’auteur lui-même et semble le mettre mal à l'aise, cet optimisme qu’il exprime dans son graphisme, notamment par des couleurs éclatantes : "Je suis ici pour montrer l'horreur et je fais des dessins pleins de couleurs !".

Un album-documentaire brillant, sincère, important, forcément instructif et forcément glaçant.

Horloge 27-28 août - emprunt mdtk