moi_et_toiNAIo e te,  2010
traduit de l'italien par Myriem Bouzaher
Robert Laffont, août 2012, 162 p.

♥♥♥♥♥

Il est bien timoré ce fils unique de quatorze ans, il faut dire que sa maman le surprotège. Il n'a pas de copains, au mieux on l'ignore au lycée, au pire on le chahute, mais il a trouvé la parade pour se faire oublier. Pour rassurer ses parents et s'évader de ce trio familial étouffant, il prétexte une semaine de ski avec des camarades. Il s'offre en réalité une retraite clandestine dans une cave, avec jeux vidéos, stocks de livres et de provisions. Une visite va briser ce petit break confortable et bouleverser sa vie "à tout jamais" - la formule est cucul mais elle prend tout son sens dans cet ouvrage.

Superbe roman émouvant et plein de surprises. Fusion mère-fils, solitude, égoïsme, adolescence, mue vers l'âge adulte notamment par l'expérience de drames, fratrie, toxicomanie - thèmes brillamment traités ici avec finesse et sensibilité.

A lire d'une traite, de préférence.

Repéré chez Sandrine - merci pour l'idée.

Horloge 18 octobre - emprunt mdtk

< EXTRAITS >

  J'ai parlé à trois ans et bavarder n'a jamais été mon fort. Si un étranger m'adressait la parole, je répondais oui, non, je ne sais pas. Et s'il insistait, je répondais ce qu'il voulait entendre.
(p. 35)

•  (...) mes parents n'étaient pas contents. Je devais avoir des amis.
Le foot était un jeu crétin, des gars qui couraient après un ballon, mais c'était ce qui plaisait aux autres. Si j'apprenais ce jeu, l'affaire serait faite. J'aurais des amis.
(p. 39-40)

  Je m’étais trompé sur toute la ligne.
Voilà ce que je devais faire.
Imiter les plus dangereux.
Je me suis mis à porter les mêmes choses que les autres. Des baskets Adidas, des jeans déchirés, un sweat à capuche. J’ai renoncé à ma raie et me suis laissé pousser les cheveux. Je voulais aussi une boucle d’oreille mais ma mère me l’a interdit. En échange, pour Noël, ils m’ont offert un scooter. Le plus bas de gamme.
Je marchais comme eux. Jambes écartées. Je balançais mon sac à dos par terre et je lui flanquais des coups de pied.
Je les imitais discrètement. De l’imitation à la caricature, il n’y a qu’un pas.
(p. 44)