paco

Dargaud, septembre 2013, 56 p.

♥♥♥♥

Un veinard, ce Paco : à défaut de perdre la tête sous le couperet de la guillotine, il embarque à l'Ile de Ré pour la Guyane, le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni en l'occurrence.
Ancien instituteur, infirmier à la fin de la première guerre mondiale, ce "notable" ne sera pas dans les plus mal lotis des bagnards. Il n'empêche qu'il est mis à l'épreuve par ses codétenus, dès son arrivée. Le respect, en prison, ça se mérite : lynchage, viol. A toi de montrer que tu n'es pas un faiblard après ces humiliations, si tu ne veux pas devenir "la pute de la case" (sic).
Le climat et la faune sont impitoyables ausi, Paco est fréquemment terrassé par des crises de paludisme.
Finalement, sous ses airs innocents et honnêtes, il se débrouille plutôt bien, travaillant comme domestique chez un surveillant, puis sollicité pour des combines juteuses par des hauts-placés de l'administration pénitentiaire.

Dessin sepia, à la fois détaillé et épuré, qui rappelle le trait de Guy Delisle. L'histoire, intéressante et émouvante, donne envie d'en savoir plus sur les bagnes*.
L'intrigue est hélas brutalement interrompue. Ne vous fiez pas à l'épaisseur de l'ouvrage, il est complété par une vingtaine de pages de 'cahier graphique'.
Des mauvais esprits diront que ce découpage en 'cliffhanger' est un coup de bizness ('Pourquoi se priver de faire cracher deux fois le gogo avec deux tomes au lieu d'un ?'  a dit un auteur de BD récemment rencontré, et déplorant cette pratique). Ça agace...

* cf. ouvrage Au bagne  d'Albert Londres
Pour info : "Le bagne de Saint-Laurent-sur-Maroni ne ferma qu'en 1946, année où le bagne tout entier cessa définitivement d'exister. Sa fermeture avait été décidée par le décret-loi de Daladier, en 1938."  (source : Wikipédia

< emprunt mdtk >

forçats

- Cayenne, Jacques Higelin, 1979 (extrait de l'album 'Champagne') -