paradis

Au Diable Vauvert
mai 2013, 251 p.

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Il était une fois un archipel paradisiaque d'Océanie : Kiribati. Paradisiaque sur photo, de loin, pour qui rêve de mer bleu turquoise, de plage de sable fin, de cocotiers.
"Il était", verbe à l'imparfait, parce que ces îles sont condamnées à être englouties, la faute au réchauffement climatique, mais aussi au manque de moyens, à l'impuissance des ONG, à l'inertie internationale...
Même au présent, cet archipel est loin d'être paradisiaque, d'ailleurs : la plage et la mer (utilisées comme toilettes, égouts, déchetterie faute d'équipement adapté) sont dangereusement polluées, l'eau douce se salinise. La misère règne - une des conséquences néfastes de la colonisation au XIXe siècle. Pas de travail, la pêche est désormais réservée à la consommation locale, pas de tourisme comme source de revenus, insalubrité, dégâts de l'alcool, maladies...

Journaliste globe-trotter, Julien Blanc-Gras a vécu quelques semaines à Tawara, l'île capitale de cette république, partageant le quotidien de ses habitants, rencontrant également des étrangers venus en renfort. Ce témoignage est passionnant, entre réflexions et anecdotes personnelles, observations et explications socio-économico-écologico-politiques. On retrouve l'humour cynique de Touriste - plus sobre ici - ni moqueur ni condescendant. Mais aussi un mélange de fausse-naïveté et de sérieux qui permettent à l'auteur d'exposer une situation alarmante, sans larmoiement ni hystérie apocalyptique spectaculaire et moralisatrice.

Témoignage-documentaire simple d'accès, très intéressant, forcément instructif.

Comme le fait remarquer un lecteur sur Am@zon, on peut déplorer l'absence de cartes et de photos.

Jérôme parle très bien de cet ouvrage. Vous pouvez éviter de lire les 25 premiers mots du dernier paragraphe de son billet ! 

Horloge 22 & 23 déc - emprunt mdtk

 kiribati