longue marche

Editions Phébus, Libretto, mai 2012, 350 p.

Lu par Mr :

♥♥♥♥

En 1999, l'auteur, ancien journaliste à la retraite, a décidé de parcourir à pied l'ancienne route de la soie, de Istanbul à Changan (Chine), soit environ 12 000 kilomètres prévus sur quatre ans.

Cet ouvrage, le premier d'une série, raconte sa traversée de la Turquie. Bernard Ollivier essaie d'y faire partager les plaisirs nés de ses efforts et de ses rencontres, ainsi que les souffrances et les peurs qu'il a éprouvées durant son périple. Il y parvient, donnant même au lecteur l'envie de prendre le temps de se déplacer à pied, pour voir les choses d'un point de vue différent de celui du touriste motorisé - comme je l'ai été en Turquie environ dix ans après l’auteur.
Français comme l'auteur, j’ai reconnu certains éléments qu'il décrit de la Turquie. Je n’ai cependant pas profité comme lui du sens de l’hospitalité de nombreux Turcs, ni eu à craindre les agressions terroristes ou les excès de zèle policier (en raison des différences entre nos modes de déplacement, et probablement à cause du décalage dans le temps ainsi que du fait que l’auteur est aussi allé dans l’est du pays).

J’ai beaucoup aimé cet ouvrage. Je regrette toutefois qu'il ne comporte pas de planches photographiques et trop peu de cartes détaillées permettant de suivre l'itinéraire. Je suis aussi surpris que ce récit - qui aborde beaucoup d’éléments de l’histoire, de la géographie, et de la sociologie de la Turquie - n’évoque pas (sauf erreur d’attention de ma part) le génocide arménien. L’usage du mot « génocide » pour désigner les massacres d’Arméniens au début du XXe siècle est pénalement sanctionnable en Turquie. Si l’auteur voulait éviter de fâcher les autorités ou des amis turcs, il pouvait citer ces événements passés sans se prononcer sur leur caractère génocidaire. 

J’ai hâte de lire le second ouvrage de la série ("Vers Samarcande"). En effet, le dépaysement est garanti (même si, a priori, les pays traversés suscitent moins ma curiosité et mon intérêt que la Turquie).

emprunt bibli - merci Canel !