quatre yeux

Vier Augen, 2009
traduit de l'allemand par Charlotte Fritsch
Atrabile Editions, collection Sang
janvier 2013, 100 p.

♥♥♥♥♥

Quelques adolescents de la fin des années 90 dans un "patelin de merde ennuyeux à mourir". Témoignage d'une descente aux enfers : herbe, alcool, champignons, LSD pour échapper au désoeuvrement et au mal-être. Engrenage classique mais pas inéluctable, soit dit en passant.
L'auteur/narrateur décrit la déchéance, les hallucinations, la paranoïa qui accompagnent la prise quotidienne de drogue, et rend compte de la désocialisation croissante parmi d'autres marginaux aussi mal en point - anorexiques, cleptomanes...

Bien sûr, le sujet est intéressant. Mais ce récit est d'une froideur ! Tellement impersonnel, plat et descriptif que je n'ai ressenti aucune émotion. L'auteur exprime-t-il ainsi le détachement induit par la drogue ? Son besoin de mise à distance vis à vis de ce passé cauchemardesque ?
Le dessin m'a surprise également, on peut se croire dans un album ou une BD jeunesse (le graphisme rappelle ceux de Placid & Muzo et de Pif...). Adolescents et adultes ont des visages d'enfants. Là encore, s'agit-il d'exprimer l'état du toxicomane qui perd peu à peu le contrôle de son existence ? La volonté de l'auteur de reléguer cet épisode dans les mauvais souvenirs de jeunesse ?

Une seconde lecture quelques jours après la première ne m'a pas touchée davantage.

L'avis de Jérôme.

< emprunt mdtk >