le fils du yeti

 

tronchet

Casterman, coll. Ecritures
12 mars 2014, 194 p.

♥♥♥♥

Une semaine pour tout changer. Pourtant cet homme installé plan-plan dans son univers de célibataire maniaque n'a rien demandé. Il vit tranquillement dans son appartement bien rangé, avec une bibliothèque remplie d'albums photos. Cet ordre le rassure, le protège de l'imprévu tellement inconfortable, effrayant.

Et puis un incendie sans gravité, et les bouleversements arrivent en cascade. L'occasion pour lui de retrouver son passé, de renouer un lien qui s'est brisé au décès de son père - de manière plus active et plus féconde qu'en regardant tous ces instants figés et trompeurs sur des photos.

Ce personnage n'est pas si éloigné de Jean-Claude Tergal, naïf, immature, frileux. Mais loin d'être répugnant, vulgaire et pathétique, celui-ci est sympathique et touchant.
On retrouve le trait de Didier Tronchet, les visages taillés à la serpe, mais le graphisme semble adouci, le "noir et blanc" y contribue probablement.
 

Ce genre d'histoire abonde depuis quelques années dans les romans, témoignages, BD : des carnets ou des lettres retrouvés, un détail insolit sur une photo, et voilà nos héros partis sur les traces de leur enfance et de leurs ancêtres, déterrant des secrets de famille. On se laisse néanmoins convaincre et émouvoir ici par de jolies réflexions auteur du deuil, de la paternité, de l'image de soi - celle que l'on veut montrer.

Le petit plus : frissonner de nouveau avec délices sur cette rumeur qui me fascinait et me mettait mal à l'aise, enfant - la prétendue mort en 1966 de Paul McCartney, qui aurait été remplacé par un sosie.

Horloge 25/04 - emprunt mdtk

À la fin de Strawberry Fields Forever (1966) certains ont cru entendre John Lennon murmurer « I buried Paul » (« j'ai enterré Paul »). Par la suite, Lennon a indiqué qu'il marmonnait en réalité « cranberry sauce », que l'on entend très clairement dans la version de la pièce sur Anthology 2. (source : Wikipedia)