le petit bluff

jbp

Editions La Branche, Suite Noire
septembre 2006, 93 p.

♥♥♥♥♥

• L'avis de Canel

Armand troque ses santiags et son cuir un peu zone contre un imper mastic. Virtuel, l'imper, on n'abandonne pas comme ça un look qui gagne - visualisez le Lucien de Margerin, ou autre nostalgique de Dick.
Rocker dans l'âme, accessoirement rédacteur de fanzine et correspondant pour Ouest-France, Armand se sent pousser des ailes de détective depuis que le vieux Gildas, chopé à 2,4 grammes au volant de sa 4L, prétend que ce sont des "infernaux" qui l'ont forcé à boire. Entendez : des créatures du diable.
Alors oui, on est en Bretagne, terre de légendes et de superstitions, mais bon, le coin a récemment été colonisé pour une rave (party), envahi de 40 000 gusses avec gothiques, satanistes, etc. Alors il dit peut-être vrai, le pépé. Ça mérite de fouiner un peu du côté des groupes locaux de musique, Armand est en terrain connu.

Excellent ! Un roman très court, moins de cent pages. 
Une "vraie" intrigue, à la fois loufoque et parfaitement logique, une poignée de personnages gentiment bourrins, conscients de l'être, bien sympathiques et très drôles. 
Beaucoup d'humour dans les descriptions, les ambiances, les dialogues, un ton à la fois vif et nonchalant.
Tout pour passer un bon moment, sourire non-stop aux lèvres. 
Je n'avais jamais lu JB Pouy. J'y reviendrai avec gourmandise, bientôt. Et souvent, si les autres sont aussi savoureux. 

Merci à Dominique (Mauves) qui nous a vanté les mérites de cet auteur. 

• L'avis de Mr :

Armand est employé de mairie dans une bourgade bretonne, correspondant local de presse, et musicien. L’ébriété inattendue d’un vieil homme du village, puis la disparition inexpliquée d’un évêque vont transformer Armand - pourtant allergique aux forces de l’ordre - en enquêteur… Selon lui, ces deux événements sont liés. Il lui reste à trouver comment.

Le style et les réflexions sont particulièrement jubilatoires et les personnages truculents. Leurs traits peuvent bien sûr sembler exagérés, de même que les situations, mais la caricature est finalement subtile. 
Le tout m'évoque d’excellents livres de Pierre Magnan, dont les intrigues sont plus élaborées, mais enrobées d'un style plus conventionnel, moins vif.

Un excellent moment de détente, qui donne envie de lire d'autres ouvrages de JB Pouy.
Avant que je découvre cet auteur, l’un de ses admirateurs nous avait expliqué (à "Mauves en noir", salon du polar) que ses livres reflétaient son humour et sa sympathie. 
Je comprends, maintenant, et le remercie pour le conseil. 

Horloge 1e mai - emprunt mdtk

Challenge thrillers et polars de Liliba (2013/2014)

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[ EXTRAITS ]

 (...) sur la route étroite et grise se profilant devant eux, ils aperçoivent une vieille 4L qui avance à deux à l'heure, écrasant les orties du bas-côté.
- Celui-là, il est plein, il suit le rail.
- Le rail ? 
- Ils ne savent plus où ils sont, alors ils se fient à l'herbe. Ils disent que le bord de la route les ramènera toujours à la maison.
- Au moins il ne fait pas d'excès de vitesse.
- Ça n'empêche.
- Ça doit être un pépé.
- Ça n'empêche. Un jour ils finiront par écraser le cantonnier qui roupille dans le fossé.
(p. 6-7)

 Un an, déjà. Depuis le départ de Sophie. (...) elle avait jeté son verre contre le mur, s'était plantée devant moi (...). Je m'étais illico dit, ça y est, c'est la grande scène du deux, et elle m'avait demandé, avec la voix de Phil May, si je comptais, un, changer, deux, partir d'ici, trois, lui prédire ce que j'avais l'intention de devenir. Je lui avais rétorqué, bêtement, du Oscar Wilde : "L'ambition est le dernier refuge du raté." Elle était partie le soir même à Rennes. Je ne l'ai jamais revue. (p. 25)