le bidule

God's Doodle (The Life and Times of the Penis)
traduit de l'anglais par Philippe Paringaux
Robert Laffont, 
septembre 2013, 270 p.

♥♥♥♥♥

(Presque) tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pénis (alias le "bidule"), sans avoir à le demander. Sauf au libraire, si vous n'avez pas été capable de le débusquer tout seul (le livre, pas le bidule).
Après une introduction appétissante, on enchaîne sur : maths, statistiques, histoire, géo, art, socio, psycho, mythologie, religion, zoologie, biologie et chimie. Et un peu de sexualité. Ce programme peut sembler lourd à avaler, mais l'intérêt du lecteur ne retombe pas, grâce à des anecdotes aussi passionnantes que drôles.

Avertissements :

• L'exposé de géométrie est quand même longuet (cinquante pages), et cet acharnement est d'autant plus surprenant que l'auteur précise fréquemment que la taille n'a guère d'importance.
Cela dit, je suis sûre que vous suivrez la leçon avec zèle, au point d'aller chercher un instrument de mesure - souple, genre mètre-ruban de couturière.

• Les utilisateurs potentiels du "bidule" risquent d'avoir la nausée, car l'auteur et/ou le traducteur confondent allègrement diamètre et circonférence, ce qui n'est pas du tout la même chose. Souvenez-vous : P = 2 pi R = pi D soit un rapport de 3,14 à 1 (15 cm annoncés de largeur, ça peut faire peur).

• Les "possesseurs" (sic) de pénis quant à eux, tiendront parfois le livre d'une seule main, gardant l'autre à l'entrejambe. Par instinct de protection à l'évocation des sévices divers qui peuvent frapper l'objet et ses deux voisines (fracture pénienne, torture, castration...).

• Si vous n'avez jamais croisé la bête, vous apprendrez qu'elle est de prime abord très laide - la plupart des femmes s'autorisent à le penser.

Malgré quelques longueurs, cet ouvrage se dévore goulûment, entre plaisir (intellectuel) et grands sourires (sur le visage). 

Horloge 2 au 5 mai

EXTRAITS 

■  (...) la poétesse Ronnie Roberts trouvait les pénis si atroces [laids] que, dans son poème "Portrait of a Former Penis Bigot" (Portrait d'une ancienne dévote du pénis), elle révéla qu'elle avait l'habitude de dessiner au feutre des visages souriants sur ceux de ses amants - de quoi modifier, peut-être, le regard que l'on posera désormais sur les smileys. (p. 18)

■  Mais ce genre de besogne [castration "sauvage" par des femmes] essaima au début des années 1990 après que John Wayne Bobbitt, un ancien marine qui vivait dans une petite ville de Virginie, se fut fait couper le pénis par son épouse Lorena. A travers toute l'Amérique et de la Chine au Pérou, des cas similaires commencèrent à fleurir. [...]
Le pénis et les testicules peuvent naturellement être recousus et même retrouver leurs fonctions normales - à condition, bien entendu, qu'on les retrouve. Bobbitt eut de la chance : sa femme ayant jeté son pénis par-dessus une haie, on le récupéra. La chance sourit également à cet autre homme en Alaska : sa partenaire avait jeté son pénis dans les toilettes, mais il réapparut dans l'usine locale de traitement des eaux. [...]
D'autres pénis sectionnés ont cependant disparu à jamais - donnés en pâture à des canards ou à des poulets, broyés au mixeur ou jetés aux ordures. En Inde, un homme dut dire adieu à son pénis après que sa femme l'eut attaché à un ballon d'hélium.  (p. 155)

■  L'humoriste américain Henry Louis Mencken disait :
"Un monde sans sexe serait insupportablement lugubre. C'est l'instinct sexuel qui fait paraître les femmes belles, ce qu'elles sont tous les trente-six du mois, et les hommes sages et courageux, ce qu'ils ne sont absolument jamais."
(p. 267)