l'oural

Albin Michel, avril 2014, 250 p.

♥♥♥♥♥

Plusieurs années après son séjour parmi les éleveurs de rennes Nenets (cf. 'Au bord du monde'), Astrid Wendlandt revient en Russie. Elle va cette fois parcourir le pays du sud au nord, le long de la chaîne montagneuse de l'Oural, dont on dit qu'elle forme la frontière entre l'Europe et l'Asie. L'auteur visite des villes héritées de l'ex-URSS et des paysages sauvages. Elle découvre la désorganisation qui a succédé à la chute de l'Empire, et est parfois confrontée à l'arbitraire de ceux qui représentent l'autorité. Elle rencontre des Russes qui fuient la société moderne et cherchent à vivre directement des produits de leur travail. 
Ce témoignage est très intéressant, offrant une image contrastée du pays peu après la fin de l'ère soviétique. Il est toutefois dommage que l'auteur s'épanche autant sur sa vie amoureuse (même si elle explique ainsi un peu des raisons de son voyage). Ses débordement mystiques m'ont aussi parfois agacé.
Pas de quoi se décourager néanmoins.

Merci à Claire et aux éditions Albin Michel.

Un extrait : « A Tchéliabinsk (…) chaque usine, qu’elle fabriquât des tracteurs ou des réveille-matin, était programmée pour défendre la "rodina", la mère patrie. Les cigarettes soviétiques Bélomorkanal avaient été calibrées sciemment au même diamètre que les balles de Kalachnikov : 7,62 mn. La transformation des machines se faisait en quelques heures. Il suffisait de remplacer une série de pièces et de tourner quelques boulons. »