il est mortLes Enfants Rouges, Isturiale
mars 2014, 144 p.

♥♥♥♥

Il est mort le poète, quand on l'a tué, il est mort flingué (Nicole & Ta ou presque).

En fait de poète, Simiac était le leader charismatique de l'opposition. Sûrement ni plus sincère ni plus honnête que ses concurrents, mais beau parleur et démago, donc fédérateur. Une sérieuse menace à la veille des Présidentielles avec 38% d'intentions de vote.

Histoire d'un complot politique, pas si éloignée d'une affaire récente autour de candidats pressentis pour l'Elysée. Histoire qui rappelle également l'exécution d'un proche d'un candidat fantaisiste, il y a une trentaine d'années.

Au milieu de cette affaire sordide, une belle rencontre entre un homme et une jeune femme. Cet homme découvre avec bonheur l'amour paternel, prend goût à la vie. Cette jeune femme est pleine de rage, de plus en plus nerveuse et partagée.

Marcus Malte est doué pour les portraits et pour décrire avec finesse des relations parent-enfant émouvantes (cf. L'échelle de Glasgow).
Cet auteur est tout aussi doué pour les intrigues tarabiscotées. D'ailleurs je m'y perds parfois et renonce à comprendre (Garden of Love). Tout s'éclaire ici, à la fin. En relisant soigneusement l'album, on trouve pas mal d'indices. Le support s'y prête : petits détails dans les dessins qu'on avait occultés ou mal interprétés. Le texte donne également des pistes qui font douter de certains personnages, mais baladent finalement plus le lecteur qu'ils ne le font avancer.

Je n'avais jamais été convaincue par les polars-BD que j'ai lus. Suite à ces expériences, il me semblait que les intrigues ne pouvaient qu'être faiblardes : creuses, faciles et approximatives, avec un dénouement brutal et artificiel.
Je change d'avis avec cet album : intrigue solide, propos intéressant, protagonistes convaincants, certains très attachants, superbe graphisme en noir et blanc, et parallèles judicieux avec Guignol sur différents aspects.

< emprunt mdtk > 

Challenge thrillers et polars de Liliba (2013/2014) 

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