l'apothicaire

HL

Editions 84, mars 2013, 797 p.

Lu par Mr 

♥♥♥♥♥ 

A Paris, en 1313, Andréas Saint-Loup exerce avec passion et talent son métier d’apothicaire. Intrigué par d’étranges phénomènes, Andréas, dit l’Apothicaire, commence à poser des questions autour de lui. Les pouvoirs séculier et religieux s’en inquiètent et décident de mettre fin à ses recherches. La quête d’Andréas et de graves accusations à son encontre - d'hérésie, notamment - l’amènent à quitter Paris. Ses ennemis se lancent sur ses traces. La quête de l’Apothicaire est d’autant plus angoissante qu’il ne sait pas pourquoi elle dérange tant, et qu’il en vient même à se demander s’il n’est pas aussi victime de ceux qui prétendent l’aider.


A la même époque, Aalis vit à Béziers avec ses parents drapiers. Ceux-ci n’apprécient pas l’une des fréquentations de la jeune fille : un vieil homme tenu à l’écart de la société à cause de sa judéité. Les conflits de confessions et de générations semblent devoir prendre une tournure dramatique.

Sur une grande partie de l’ouvrage, l’auteur présente les aventures de ces deux protagonistes en alternance dans de courts chapitres qui s’achèvent à un moment qui paraît crucial pour la suite. Ce procédé narratif, dit 'cliffhanger', et l’énigme posée à l’Apothicaire maintiennent la tension chez le lecteur, et donc son attention, jusqu’à la 794e page du roman - la dernière, en l'occurrence.
J’ai un moment craint une dérive vers le fantastique pour le dénouement, non parce que je n’apprécie pas ce registre, mais plutôt parce qu’il me paraissait incompatible avec un roman se situant résolument dans le genre historique. Mais l’auteur flirte habilement avec le fantastique, sans mélanger artificiellement les genres.
J’ai apprécié le regard lucide sur les fondamentalismes en tous genres, notamment religieux (critique du clergé et de l’Inquisition, sans stigmatisation de l’époque concernée).
Quelques dialogues truculents, voire crus, tranchent avec le style généralement soutenu du livre, et l’auteur est à l’aise dans ces deux registres. L’ambiance de l'ouvrage m’a rappelé les excellents romans historiques Le nom de la Rose (Umberto Eco), La Compagnie des Menteurs (Karen Maitland), ou encore Les Piliers de la Terre (Ken Follett).

Excellent moment de lecture.

Merci aux éditions J'ai Lu.

Challenge thrillers et polars de Liliba (2014/2015)

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