au premier regard

Hoje Eu Quero Voltar Sozinho
Daniel Ribeiro, Brésil, 2014

Horloge 1h35

♥♥♥♥♥

Ils ont quinze ans, ils sont deux, puis trois. D'abord Giovana et Leo, amis depuis l'enfance. Relation tendre, fraternelle, Giovana protège Leo, aveugle de naissance. Arrive Gabriel, qui va chambouler ce duo, le sortir de son train-train, de sa torpeur mais aussi briser son harmonie. Drôle de triangle, une fille, deux garçons, trois possibilités. Quel avenir possible pour ce trio ?

Décor brésilien où la chaleur est palpable, mais où tout semble terne dans l'environnement du jeune aveugle, à commencer par les peaux pâles. Le décor dépouillé paraît froid, austère et impersonnel - bleu délavé, gris pâle.
Portraits vivants et justes d'adolescents, du jeune aveugle en particulier. Surprotégé par ses parents, par sa mère surtout, à cause de son handicap, il étouffe, rêve d'autonomie, et même d'éloignement. Souffre-douleur d'un c*nnard au lycée, ça fait marrer certains, ça en indigne d'autres qui réagissent quand même mollement. Gamin immature, craintif, en mal d'affection, découvrant avec gêne son amour pour un garçon.

L'histoire est plutôt classique, mais joliment traitée, lentement, doucement, subtilement. Le handicap de Leo donne une autre dimension à son sentiment de différence, à ses relations avec ses pairs.

Beau film, précédé dans la salle où nous l'avons vu d'un court-métrage de Benjamin Parent, à la fois drôle et poignant, brillamment interprété par quatre adolescents : "Ce n'est pas un film de cow-boys".

Au premier regard - Bande-annonce VO