marie des gr

Actes Sud, 2003, 72 p.

♥♥♥

On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, dit-on.
A l'inverse, on n'attrape pas les mioches avec des rois et des princesses, des sortilèges, de la bave de crapaud, des fées. Ces ingrédients ne suffisent pas à rendre un ouvrage attrayant. L'habit ne fait pas le moine, l'enrobage ne leurre pas longtemps.
Énième variation autour du thème de la différence, de l'intolérance, de la haine. Parfois ce sont des loups qui se font la guerre pour des histoires de taille, de couleur... ou des chiens, des zèbres... Ici ce sont des batraciens.

Une pièce que j'ai trouvée bordélique et austère, mièvre et consensuelle.
Un texte dit "à message", chaussé de gros sabots tout moches.
Le genre d'ouvrage baptisé fable philosophique que des enseignants peuvent avoir envie de faire étudier en classe - l'intention est louable - mais dont la lecture barbe les enfants et même les parents.

Argument choc : l'éditeur précise que cette pièce a été rédigée entre les deux tours de l'élection présidentielle 2002. Comme si c'était un gage de qualité. Comme si l'on avait besoin de résultats d'élections inquiétants pour une prise de conscience, quitte à mettre la menace en veilleuse jusqu'aux prochaines et s'étonner à nouveau...
Conseillé dès le cycle 3. Dès le CE2 donc, c'est-à-dire dès huit ans ? Je ne m'y risquerais pas. Sur ce sujet, d'autres ouvrages plus accessibles et plus attrayants ont davantage de chance de sensibiliser ce public.

--- De cet auteur, j'ai aimé L'Atelier et Votre Maman, pièces pour adultes.

< emprunt mdtk >