le beau voyage

Dargaud, janvier 2013, 56 p.

xxx

Ce « beau voyage » n'est pas celui d'Ulysse, il se réfère à un titre de Boby Lapointe.
Un de ses fans vient de mourir, le père de Léa en l'occurrence. Les relations étaient difficiles entre ces deux-là, le papa était distant, il se réfugiait dans son travail de médecin. Une vieille souffrance, de celles qui ne cicatrisent jamais, l'a toujours empêché d'aimer Léa. Non, pas de l'aimer, nuance : de lui montrer qu'il l'aimait. Mais pour un enfant, ça revient au même.


Je prends les albums de Zidrou à la médiathèque comme des pochettes surprises. Je suis souvent déçue, trouvant le ton démago et guimauve. Mais parfois je suis émue, comme avec Lydie ou le premier tome de Boule à zéro. Ce 'Voyage' est encore plus fort. Evocations sensibles et justes du deuil, des relations parents-enfants et des secrets de famille - sujet ô combien rebattu pourtant. J'ai été touchée par des phrases et des situations qui arrivent comme ça, sans prévenir, mais jamais de manière artificielle ou spectaculaire - comme : « On oublie rarement son premier avortement. » Blam ! On frissonne, on revient en arrière, on s'y arrête, on médite.

Histoire bouleversante, parcours d'une enfant mal aimée, toujours en manque d'affection, qui cherche en devenant un personnage public l'attention et la reconnaissance qui lui ont tellement manqué auprès de ses parents. Une femme fragilisée qui trouve la force de redémarrer lorsqu'il lui est enfin permis de comprendre le drame familial.

Superbe album, mon préféré dans le registre "émotion" de Zidrou.

Coup de coeur aussi pour Valérie : « Zidrou (...) a le don de croquer des moments que je sens être justes, même si je ne les ai jamais vécus et de nous faire ressentir une vraie empathie pour son personnage ».
D'autres avis enthousiastes : Som (Babelio), Sandrine, Claire, JérômeCristinaNoukette... Mango est déçue. 

 26/09 - emprunt mdtk