marina bellezza

SAMarina Bellezza, 2013
traduit de l'italien par Françoise Brun
Liana Levi, août 2014, 542 p.

♥♥♥♥♥

Marina et Andrea se sont aimés pendant six ans, ils étaient très jeunes au début de leur liaison, elle avait treize ans, lui dix-huit. Trois ans après leur séparation inattendue, Andrea est encore mordu. Marina, elle, s'est employée sans relâche à échapper à un destin de misère : elle sera chanteuse, elle sera célèbre, elle sera aimée, elle sera riche. Et elle est sur la bonne voie. Grâce à la TV-réalité, son talent est confirmé, reconnu. Adieu la gamine qui ramassait sa mère alcoolique à la petite cuiller, qui attendait en vain des visites et des gestes d'amour de son père. Place à LA star qui cartonne sur scène, qui déchaîne les passions.

Silvia Avallone reprend le décor de son précédent roman D’Acier : une petite ville italienne étouffée par la crise économique, sans avenir, où les jeunes rêvent d’un Eldorado. Ailleurs, c’est forcément mieux, ailleurs on échappe à la vie minable qu’ont subie les parents.
On retrouve également ici quelques thèmes du précédent roman : les familles chaotiques et destructrices, les pères absents ou violents, les mères dépassées, les filles prêtes à tout pour fuir ces ambiances délétères.

L'ambition démesurée de Marina est au coeur de l'intrigue, mais ce qui rend ce récit si désespérant, c'est l'amour que lui porte Andrea. Un amour dont il ne parvient pas à se libérer et qui le rend dingue, littéralement. Leur histoire est bouleversante, triste à hurler. On y côtoie la folie et ses ravages sur les proches. « Une fille comme Marina ne peut que tout détruire, y compris elle-même ». Sexy, d’une beauté insolente, colérique, excessive, femme enfant, égoïste, capricieuse, agressive, cruelle, vulgaire, immature, effrayante, insupportable, dangereuse, explosive. Mais tellement bouleversante lorsqu’elle retourne sa souffrance et sa violence contre elle-même. Sa folie brûle et lamine ceux qui l’approchent, ceux qui ont le malheur de l’aimer. Une démence d'autant plus redoutable et nocive que dans les accalmies, l’espoir renaît de plus belle et la chute n’en est que plus rude lorsque l’orage éclate, accru.

Ce récit est de la même trempe que D’Acier, aussi réussi. Sombre, intense. Portrait bouleversant d’un homme torturé. Portrait d'une femme en détresse, aussi saisissant et dérangeant que ceux d’Eliane/Elle (Isabelle Adjani dans « L’été meurtrier ») et de Betty (Béatrice Dalle dans « 37°2 »).

Horloge 17 au 20 octobre

Merci aux éditions Liana Levi et à Babelio.

 

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