une vie sans

Futuropolis, mars 2011, 64 p.

♥♥♥♥

Demain, Mathieu change de vie, il quitte Nantes et part à Paris pour ses études. Pas question d'aller se coucher pour dormir : "Une dernière nuit, il fallait marquer l'événement". Il ne sait pas ce qu'il va faire au juste, rien ne l'attire vraiment, il traîne dans un troquet avec deux copains un peu losers. Ensemble ils traversent la ville, la découvrent différemment, croisent des prostituées, agacent des gamins, attirent des flics. Ils sont à la recherche de Noémie que Mathieu aime en secret depuis trois ans et qui lui a vaguement donné rendez-vous dans une fête.

Il ne se passe pas grand chose cette nuit-là mais elle est importante pour Mathieu, il y prend conscience que les adultes ne sont pas tellement différents de lui, adolescent de dix-huit an. Ça le fait flipper et ça rend le départ vers sa nouvelle vie à la fois moins vertigineux et moins exaltant.

Le dessin minutieux, les teintes sombres et le texte dense immergent le lecteur dans cette ambiance un peu angoissante de "point final", qui rime ici avec "veille de". Moment où l'on sent que tout peut arriver, où l'on se croit maître de son destin, sur le fil, sur un pont, sur un mur. Tout est à écrire sur une page blanche ou au contraire sans rupture, dans la continuité de ce qui précède. 
Les personnages sont particulièrement réalistes, et même les plus lourds s'avèrent attachants. 
J'ai d'autant plus apprécié cet album que je me suis imaginée en balade nocturne l'été dans ces rues que je connais.

Horloge 07/11 - emprunt mdtk