le règne du vivant

Actes Sud Editions, août 2014, 208 p.

Lu par Mr

♥♥♥♥♥

Un journaliste interroge un représentant de l’Association Noé, mouvement qui prétend défendre les cétacés. Cet homme semble perdre contenance lorsque l’interview aborde les méthodes plus radicales d’une autre association de défense d’animaux marins, Gaïa. Intrigué par cette réaction, le journaliste décide de rencontrer Magnus Wallace, le célèbre fondateur de Gaïa.

Le début de l’ouvrage est écrit de manière si réaliste que j’ai d’abord cru lire un reportage. Le "Monsieur Noé" de ce roman ressemble à plusieurs personnages publics, qui sous couvert de défense de l’environnement promeuvent d’abord leur image et leur intérêt – j’ai pensé à NH en particulier.

Ce livre dénonce avec force la pêche industrielle en mer qui met en danger de nombreuses espèces animales. Il est un magnifique plaidoyer pour leur sauvegarde. Les baleines sont les plus emblématiques de ce massacre encore en cours, du fait de la sympathie qu’elles suscitent auprès du grand public… Le lobbying exercé par quelques intérêts particuliers se concrétise par la passivité de presque tous, avec les mensonges et l’aveuglement comme prétextes. Qui croit encore que les Japonais, par exemple, chassent la baleine pour des motifs scientifiques ?

La réflexion de l’auteur est particulièrement intéressante et riche. Elle amène le lecteur à s’interroger sur la place de l’homme, sur les engagements et aspirations de chacun, sur les systèmes économiques institués par nos sociétés… J’ai en revanche trouvé les descriptions des animaux et de leur environnement parfois un peu trop idéalisées, comme si l’intérêt à les défendre découlait uniquement de leur beauté - même si tel n’était certainement pas le propos de l’auteur.

L'avis de Canel.