les corbeaux

Gallimard, 1988, 222 p.

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Marie Seurat est née en 1949 en Syrie dans une famille de riches industriels. On a beaucoup entendu son nom dans les années 80, elle était l'épouse de Michel Seurat, otage enlevé avec Jean-Paul Kaufmann à Beyrouth en 1985 par une organisation terroriste clandestine.

Marie Seurat évoque ici ses longs mois de calvaire pendant la captivité de son mari, entre les informations contradictoires, les promesses de libération, les faux espoirs, la peur de l’imaginer maltraité, les annonces de décès. Elle s'indigne et se désole des dégâts d'une telle "mascarade" autour de l’affaire : la surmédiatisation qui fait le jeu des ravisseurs et nuit aux victimes, faisant monter les enchères, les politiques embarrassés et mous qui se débinent entre eux et se dérobent mais essaient d'en tirer profit pour leur carrière, l’opinion publique qui croit bien faire en aidant les comités de soutien, la presse qui en fait ses choux gras. Un cercle vicieux.

Ce témoignage date de 1988. Vingt-sept ans après, il reste tristement actuel, terrorisme et prises d'otages sont toujours à la une. La voix de la femme peut agacer de loin en loin, petite fille « gâtée et fantasque », comme elle se définit elle-même. Sa réflexion modeste - ce texte ne prétend pas être un essai - autour du terrorisme n’en est pas moins intéressante, a fortiori lorsqu’elle la met en perspective avec le massacre de ses propres ancêtres en Anatolie en 1915.

Horloge au 11/02 - merci, Fabienne, pour ce conseil !