vernon

Grasset, janvier 2015, 400 p.

lu par Mr

♥♥♥♥

Comme en photographie, l’arrivée de nouvelles technologies a entraîné des dégâts collatéraux dans la diffusion musicale. Vernon, musicien amateur et disquaire de profession, en est une parfaite illustration. Son échec professionnel, la mort brutale de quelques amis, des désillusions amoureuses et son dilettantisme font de lui une victime parfaite de notre société moderne. Vernon reste cependant un centre d’intérêt pour certains en raison de précieuses informations qu’il détiendrait au sujet d’une ex-star de rock dont il était ami…

Dans ce roman, des portraits se succèdent à un rythme soutenu. Chaque nouveau personnage crée une impression de désordre, mais elle n’est que momentanée. En effet, très vite, les parcours des protagonistes se croisent avec cohérence. A travers eux, ce sont des milieux sociaux contrastés qui se rencontrent, ou se percutent : star(lette)s de cinéma (X) ou de la musique, arrivistes, branchés, paumés… Ce sont cependant les mêmes désoeuvrements et désillusions qui semblent caractériser la plupart d’entre eux, dans cette société où chacun trouve comme il peut des semblants de repères/valeurs. Aigreur, colère, et échappatoires (chimiques ou autres) sont omniprésents…

Virginie Despentes fait passer le tout avec un style parfaitement en phase avec son propos, plein d’expressions directes et imagées. Son rejet total du « politiquement correct » n’est pas seulement amusant, il conduit aussi le lecteur à réfléchir.

J’ai apprécié cette lecture, même si j'ai trouvé quelques longueurs, en désaccord avec le style percutant de l’auteure. 

L'avis très enthousiaste de Canel.