baignade surveillée

GG

Editions du Rouergue, janvier 2014, 125 p.

♥♥♥♥♥

Comme chaque été à la même période, Estelle et Arnaud campent au Cap-Ferret avec leur fils de neuf ans, Auguste. Enfin cette année, c'est un peu particulier : c'est la dernière fois. Arnaud sait qu'Estelle va le quitter, c'est une question de jours, rien n'a été dit mais il le sent, elle fait la gueule, elle reste scotchée à son téléphone, elle lui balance des phrases assassines, elle est odieuse quand il essaie de mettre un peu de fun dans ces putain de vacances - pour son fils, pour retrouver l'ambiance des étés de sa jeunesse, pour réparer l'irréparable.
Max, le frère d'Arnaud, déboule à l'improviste dans ce huis clos pesant. Un chien dans un jeu de quilles pour ce couple en crise, pour Estelle surtout qui ne le supporte pas, mais un rayon de soleil bienvenu pour le petit Auguste qui s'ennuie et en a gros sur la patate auprès de ses parents qui se déchirent. Max est un grand gamin, sympa et généreux, toujours prêt à déconner, à mettre les pieds dans le plat aussi. On le sent sur un fil, délinquant depuis l'adolescence : "Il a appris à marcher sur le sable et, des années plus tard, notre mère riait en disant que c’était pour ça qu’il filait de travers." D'ailleurs il passe là entre deux séjours en prison, nul doute qu'il va y retourner, il vient de faire une grosse bêtise.

Un roman court, percutant, à la fois tendre et triste. On le lit en moins de 2h, le sourire aux lèvres de temps en temps, mais la gorge nouée aussi - surtout. On assiste impuissant à un triste gâchis : tout ce monde en sursis (arrestation sans doute imminente pour l'un, séparation probable pour les autres). Les relations entre les frangins sont vraiment bien vues, celles entre l'oncle et l'enfant également, chacun de ces quatre personnages est touchant (y compris la femme, malgré sa rudesse apparente), leur douleur est palpable et bouleversante.

Excellente lecture. Un seul regret : ayant écouté l'auteur présenter ce livre dans un salon, je savais d'emblée ce qu'avait fait Max. J'aurais préféré le découvrir progressivement avec cette voix off en alternance dans le roman - cette construction est parfaite pour une montée en intensité dramatique. 

Horloge 18 mars - salon de Rennes