la femme au carnet rouge

Flammarion, 2014
J'ai Lu, 6 mai 2015, 224 p.

♥♥♥♥♥

Cendrillon avait perdu sa pantoufle de vair, voilà que la Belle au bois dormant a perdu son sac à main mauve ! On le lui a arraché, en fait, et elle s'est pris un bon coup sur la tête en sus (d'où le sommeil prolongé).
Laurent, libraire « de quarante-cinq ou quarante-sept ans » [pas 46 ?] « pas réellement beau mais séduisant » [c'est mieux, si si !], le retrouve posé sur une poubelle, délesté d'une partie de son contenu. Grand prince, il le porte au commissariat, mais les flics ont autre chose à faire, vous permettez monsieur, revenez dans deux heures.
Laurent rapporte le sac chez lui et, autant par curiosité que pour retrouver l'identité de sa propriétaire, il le vide entièrement et détaille tout ce qu'il contient. Expérience inédite pour lui, comme pour tant d'autres hommes, un sac à main c'est tabou : « Jamais Laurent n'avait ouvert le sac d'une femme. Pas plus celui de Claire que celui de sa mère lorsqu'il était enfant. » Il trouve beaucoup de bazar, bien sûr, des grigris, un livre de Modiano dédicacé, un flacon de parfum, des photos, un petit carnet rouge rempli de confidences époustouflantes. Et pendant ce temps, Laure, la jolie dame au sac mauve, est dans le coma...

Ouh la vilaine déception avec ce roman ! J'espérais retrouver l'inventivité et l'humour décapant du Chapeau de Mitterrand du même auteur. Par comparaison, cette intrigue autour d'un sac à main et de sa mystérieuse propriétaire a des allures de bluette poussive, sans surprise, sans humour. Antoine Laurain a tellement manqué d'inspiration qu'il a même recopié une longue tirade à l'identique : « C'était fini. Comment pouvait-on disparaître aussi facilement de la vie de quelqu'un ? Peut-être avec la même facilité, en définitive, qu'on y entrait. Un hasard, des mots échangés et c'est le début d'une relation. Un hasard, des mots échangés, et c'est la fin de cette même relation. » Ça peut surprendre, mais quand on lit les tourments de l'écrivain fictif Frédéric Pichier que Laurain met en scène de loin en loin dans cet ouvrage, on comprend que les auteurs puissent être à court d'idées et que l'étincelle de génie ne brille pas toujours.

agenda 17 & 18 mai