la fille seule

HBK

Flammarion, 27 avril 2013, 217 p.

♥♥♥♥ 

La jolie Marion, l'intello, « celle qui ne fait jamais de vagues, [...] qui sait si bien se faire oublier » a quand même un caractère bien trempé. Pas question pour elle de supporter sans broncher la drague relou du beau gosse du collège, Enzo. Oui mais tenir tête à un caïd, surtout si vous l'avez ridiculisé devant des tiers, ça se paie. Marion va en baver, et à l'heure d'internet et de Youtube, les vengeances peuvent être terribles.

Ce roman pour adolescents est aussi noir que réaliste. Moins sombre cependant que peut le laisser craindre le titre.
L'auteur évoque le monde impitoyable du collège, la spirale infernale de la vengeance, l'enfermement dans la haine et la dépression quand on se retrouve seul dans une situation de surenchère qui semble inextricable.
Angoisse et suspense garantis pour le lecteur : une fille solitaire peut-elle avoir le dernier mot (car c'est bien ce qu'on espère) contre un caïd épaulé par ses copains ? Réflexions pertinentes sur les dangers d'internet (encore et toujours), mais aussi - via les comportements de Marion et de sa maman - sur le besoin d'amour à tout âge de la vie, et à l'adolescence en particulier : « Est-ce qu'on tombe amoureuse par faim d'amour, pas peur de la solitude ou du grand vide, pour se prouver qu'on peut plaire, enfin tout cela avant de se demander si c'est bien cet autre-là qui nous plaît vraiment ? » (p. 107-108)

Ouvrage percutant et pertinent qui devrait rencontrer des échos chez tous les collégiens, à faire découvrir dès 12-13 ans. La fin m'a un peu déçue par son côté 'le prince charmant la prend sur son cheval blanc' mais elle est parfaitement adaptée au public visé. 

agenda 4 et 5 juin - emprunt mdtk