le vivant

живуший - 2011
traduit du russe par Raphaëlle Pache 
Mirobole, Horizons pourpres, 5 mai 2015, 474 p.

Lu par Mr

♥♥♥♥♥

La communauté du Vivant est constituée d'exactement 3 milliards d'humains. Chaque membre du Vivant est remplacé avant que sa sénescence ne le rende trop dysfonctionnel, se réincarnant dans une enveloppe corporelle rajeunie. La vie et la reproduction humaine sont donc sous contrôle, ce qui n'interdit pas les jeux sexuels en mode « luxure ». Les rencontres sont d'ailleurs facilitées par le Socio, un vaste système sur lequel chacun peut se connecter. La naissance de « zéro » révèle cependant des dysfonctionnements du Vivant : zéro est un surnuméraire, apparu à l'insu du Vivant et par ailleurs totalement déconnecté du Socio. Zéro et le dysfonctionnement à son origine, ainsi que l'existence de dissidents ne mettent-ils pas en danger la survie même du Vivant ?

Cette dystopie m'a souvent fait penser à l'excellent roman d'Aldous Huxley Le meilleur des mondes. Le propos y est encore plus original, et les techniques imaginées par l'auteur prennent en compte des évolutions technologiques récentes. Ce monde imaginaire est prétexte à des réflexions sur le savoir et sur la place de l'individu dans la société. 
La première moitié du roman est captivante. Je me suis d'autant plus senti impliqué que l'identification avec le personnage zéro est facilitée par sa ressemblance avec les hommes « de l'Antiquité » - « l'Antiquité » désignant le monde d'aujourd'hui. Il est dommage que le roman traîne ensuite en longueur, à tel point que j'ai trouvé les cent dernières pages plutôt laborieuses. Quelques concepts un peu trop flous à mes yeux (les strates) ont aussi gâché le plaisir de cette lecture.

Un roman original, imaginatif.

Un grand merci à Sophie et aux éditions Mirobole.

- édition originale - 

le vivant vo