barbe bleue

Albin Michel, 2012, 170 p.

♥♥♥♥♥

L'art d'accomoder les restes. 
Un conte cuisiné à partir d'autres contes (Barbe Bleue, Peau d'Ane, Le Parfum de Patrick Süskind), à la sauce Nothomb. Je l'ai souvent trouvée indigeste, cette sauce, dans d'autres plats de l'auteur, mais souvent relevée et piquante aussi donc pas totalement déplaisante. J'ai eu envie d'y revenir une quatrième fois, après quelques années d'abstinence, parce que le conte de Barbe Bleue me fascine depuis longtemps (la version de Perrault et les personnages qui l'ont inspirée : Henri VIII, Gilles de Rais...). J'étais curieuse de voir comment Amélie Nothomb l'avait revisité.

Déception sur une grande partie du livre, qui reprend les ficelles de Hygiène de l'assassin et Les Catilinaires - mais on ne change pas une équipe qui gagne (de l'argent). Personnages flippants, malsains, beaucoup de dialogues, des joutes verbales, un peu de philosophie, de religion et de mythologie par-ci par-là. De la bouffe de luxe et du champagne, jusqu'à la nausée parfois - on a vu plus digeste que des oeufs et du St Honoré à gogo. Dans mes souvenirs, la plume de cette auteur était plus jubilatoire, je l'ai trouvée plate ici. J'ai quand même eu envie de terminer ce court roman (deux heures de lecture) : même si l'intrigue a des airs de déjà-vu, elle interpelle et on a bien envie de connaître le sort des femmes de ce Barbe Bleue aristocrate espagnol-parisien du XXIe siècle. Mais bof, j'aurais pu m'en dispenser... 

agenda 27 & 28 juin