nous rêvions

Flammarion, 1e avril 2015, 423 p.

Lu par Mr 

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Hugo est un adolescent un peu déboussolé. Il grandit dans l’ombre de sa petite sœur morte accidentellement quelques années plus tôt, entre sa mère dépressive et un père souvent indifférent et parfois violent. L’école ne l’aide pas, au contraire ! Reste les copains. Dans cette petite ville des Etats-Unis, ils sont les seuls à le comprendre. Et pour cause : par certains aspects, leur vie ressemble à celle de Hugo. Tous rêvent de fuir cet environnement. La drogue le permet un peu, la moto encore plus…

La première page du roman laisse penser que le road movie qui se prépare se terminera mal, à l’image du dénouement du film Easy Rider (1969) sur le même sujet et plusieurs fois cité dans ce livre.
Ce livre est un voyage à travers les Etats-Unis des années 1970 : sex & drug & rock’n roll, mais pas seulement. Lors de ce périple, on croise surtout l’amitié, l’amour, la violence… Quant à la liberté que ces jeunes recherchent, elle semble plutôt fuyante.

Les personnages principaux de ce roman initiatique sont présentés à travers le regard de Hugo, plus ou moins idéalisés, hauts en couleur mais pas caricaturaux. Le ton du roman est tellement juste que j’ai eu l’impression de lire une autobiographie. Les remerciements en fin d’ouvrage confirment, si besoin était, que Loevenbruck connaît parfaitement le milieu des bikers qu’il décrit avec une certaine tendresse malgré leurs excès. Quand on ne les connaît pas, on peut voir en eux des gros types déguisés, tatoués, violents, qui roulent souvent en Harley, aiment la bière, ignorent coiffeur et shampoing. Sans effacer ces clichés, l’auteur les présente sous une autre facette... 
Bien que la première page semble annoncer la fin de l’ouvrage - ce que je n’aime généralement pas - la surprise est au rendez-vous.

Malgré une violence très présente, cette lecture fut particulièrement agréable, intense, riche en émotions fortes, avec quelques touches d’humour pour faire passer le tout.
Un grand merci à Gildas

De cet auteur j’avais aimé L’Apothicaire, dans une moindre mesure et dans un tout autre genre (thriller historique).

Un coup de coeur aussi pour Canel.