les dimanches où

Motus, Mouchoir de Poche, 1e octobre 2014

♥♥♥♥

« Mon père, il pense que je suis un attardé [...] Parfois [il] me regarde d'un air triste. Ses yeux qui pleurent, ça me rend triste aussi. »
Cet enfant est peut-être "attardé", mais « pas bête » (sic). Suffisamment intelligent et/ou sensible, en tout cas, pour sentir la douleur (et la honte ?) de son père face à son handicap et en souffrir lui-même.
C'est vraiment pas de chance, un fiston pareil, pour cet homme qui était premier de sa classe et champion au foot.
Il fait des efforts, ce papa, pourtant : il emmène son fils le dimanche au bord du lac pour lui apprendre à shooter. Mais non, c'est navrant, ce gamin n'arrive à rien, le père s'énerve, il ne voulait pas, le jeu tourne court. Chacun s'en veut : l'adulte de manquer de patience, l'enfant de décevoir.

Je ne connaissais pas cette collection. Si je me fie à cette première (et unique à ce jour) lecture, elle ressemble aux romans "Petite Poche" de Thierry Magnier. Même format, ouvrage très court, lecture jeunesse rapide et facile, mais à réserver à un public "averti" (pas 6-8 ans pour celui-ci comme annoncé) car les sujets abordés sont douloureux et traités de manière grave. Ici : le handicap, les souffrances morales d'un enfant "différent" et de son père, l'incompréhension père-fils, les ambivalences de l'amour parental (tendresse, rejet, agacement, colère, sentiment de culpabilité), et celles de l'amour filial (affection, peur, volonté de bien faire).

Ma seule réserve : les illustrations, des photos blanches sur fond noir. Elles rendent le texte encore plus réaliste, certes, mais certaines sont un peu moches.

Merci Laurence pour la découverte - à poursuivre ! - de cette collection. Emoji