profession du père

Grasset, 19 août 2015, 320 p.

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Profession du père : sans. 
- ou alors : footballeur professionnel, agent secret, chanteur, parachutiste...
Signes particuliers : complètement frappé, mytho, parano, tyran domestique, violent à ses heures.

Histoire de l'enfance d'Emile au sein d'une famille toxique (euphémisme ?) dans les années 60 : « Une secte minuscule avec son chef et ses disciples, ses codes, ses règlements, ses lois brutales, ses punitions. Un royaume de trois pièces aux volets clos, poussiéreux, aigre et fermé. Un enfer. » 

La mère, potiche, se tait, s'efface, complice passive, ne sait que répéter pour rassurer son fils pendant les tempêtes paternelles : « Ne t'en fais pas. Tu connais ton père. Ça passera. Ne t'inquiète pas. » 
Le père développe différents délires paranoïaques anti-communiste, pro-OAS, et entraîne le fils dans son jeu. Le gamin est un peu dépassé mais c'est une aubaine de se voir confier des missions d'agent secret à douze-treize ans, non ?

Chalandon écrit très bien, défend de belles idées, j'ai apprécié la plupart de ses ouvrages (entre ses romans et auto-fictions), mais là, non vraiment. Pas moyen de croire à cette histoire, qui m'a semblé excessive sur toute la ligne. 
De même que ses manifestations d'émotion qui me touchaient lors des premières rencontres 'en live' me laissent beaucoup plus froide aujourd'hui, je suis restée très à distance de ce texte. 
Récit autobiographique ? Peu importe ce qui est vrai ou faux, explique Delphine de Vigan dans D'après une histoire vraie, ce qui compte c'est la façon dont l'auteur le transmet et ce qui fera écho chez le lecteur. Ça n'a pas fonctionné pour moi ici. J'ai regardé plusieurs fois la couverture au cours de ma lecture, l'auteur rit ou pleure ? J'oscillais aussi entre rires et larmes, moi aussi, tant le pathos est outré, tellement j'ai trouvé ça faux, lourd, chargé, donc grotesque et presque risible.

Les critiques de lecteurs que j'ai lues jusqu'ici sont beaucoup plus enthousiastes que la mienne (4.4/5 de moyenne sur 64 notes sur Babelio). Je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas su apprécier ce livre - peut-être un ras-le-bol des auto-fictions qui semblent donner dans la surenchère côté folie parentale et enfance traumatisante ? 

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