les assassins

The Anniversary Man, 2009
traduit de l'anglais par Clément Baude
Sonatine, août 2015, 572 p.

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John Costello a réchappé en 1984 à une tentative d'assassinat, il avait 16 ans. Il n'en est pas sorti indemne, loin s'en faut. On n'assiste pas au massacre de sa petite copine sous les assauts furieux du "Marteau de Dieu" (un serial killer "purifiant" les jeunes âmes égarées avant de les envoyer ad patres) sans en garder des séquelles. 
Certains des coups reçus à la tête ont développé chez lui une mémoire phénoménale (façon Rainman), mais globalement, sa vie est plutôt un enfer. Vingt ans après, il est asocial, bourré de TOC, et reste obsédé par les tueurs en série. Il en a d'ailleurs fait son boulot. Documentaliste au Herald Tribune, il assiste la journaliste Karen Langley à la rubrique des faits divers, dans l'ombre... 
Quand une nouvelle série de meurtres se déclenche à New York, Costello repère vite les liens avec les modus operandi de différents serial killers en détention ou décédés. Il propose ses services à Ray Irving, inspecteur en charge de l'enquête.

De R.J. Ellory, j'avais lu Seul le silence en 2010. J'en gardais comme souvenir : "un très beau livre un peu long". Même reproche ici quant à la longueur, en pire : j'ai été admirative pendant le premier tiers de la lecture, grosso modo, l'auteur a un style impeccable, des talents de conteur qui embarquent tout de suite le lecteur. Mais je me suis lassée des excès en tout genre, de la surenchère de cadavres, de détails, d'horreur, de la lenteur et des piétinements de l'enquête façon L'aliéniste (Caleb Carr), des noeuds dans l'intrigue. Tout ceci sur près de 600 pages très denses - heureusement, les chapitres sont courts, ça permet de souffler un peu.

Si l'auteur a voulu démontrer que "l'être humain était capable d'à peu près tout", à travers ces mots du flic et bien d'autres à multiples reprises ("J'ai toujours l'impression qu'au moment où je commence à m'y habituer, ils remettent ça et font pire encore"), c'est réussi - mais j'avais déjà ma petite idée là-dessus.

Au milieu de toute cette fange, j'ai pris le temps de réfléchir, quand même : la peine de mort, c'est pas bien, j'en reste convaincue... oui mais quand même, on jubile un peu quand un serial killer particulièrement pervers est "puni". Je me suis demandé aussi pourquoi ces gens fascinés par les tueurs en série, collectionnant des objets leur ayant appartenu, me dégoûtaient, moi qui enchaîne les lectures de polars souvent malsains (pas mieux !).

Voilà mon avis, nettement moins enthousiaste que celui des autres lecteurs.
Une lecture interminable, un auteur que j'éviterai à l'avenir, à moins qu'il ne donne un jour dans le polar court et trash façon Jonquet - ce qui serait étonnant. 

agenda 31/10 au 03/11 - emprunt mdtk 

- challenge thrillers & polars chez Sharon (12e) -

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