si tu savais tobby

JPN

Nathan Poche, septembre 2005, 100 p.

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Depuis que son père est au chômage à temps plein et sa mère à temps partiel, depuis que leur chien est mort sous les roues d'un livreur de pizzas, David ne bosse plus au collège, il lit pendant les cours. Les profs se désolent, c'était un très bon élève, avant. Mais lui, il s'en fiche : « De toute façon, je serai écrivain. John Steinbeck en mieux, un Steinbeck qui inventera une solution pour épargner Lennie. » (p. 28)
D'ailleurs, désormais, vous êtes priés de l'appeler Cal, comme le personnage de Steinbeck dans Les Raisins de la colère. Puisque ses parents ne lui disent pas la vérité - il est censé ignorer que le père a perdu son boulot - autant vivre dans son monde et se créer un univers. Ça aide à supporter la misère, la faim, les fringues du Secours Catho/Pop que les autres gamins reconnaissent sur son dos, les brimades de Youssef le caïd et les gloussements de « sa cour de faux-culs rigolards ».
Ses grands bonheurs : prendre le bus à côté de la belle Melissa, et lire.

Une belle histoire poignante - avec quelques traits d'humour - sur le chômage, la pauvreté, l'adolescence, les non-dits familiaux, le rôle des enseignants, les vertus thérapeutiques de la lecture. Jean-Paul Nozière rend ici un bel hommage à la littérature, et à quelques grands auteurs en particulier, Steinbeck en tête, mais aussi Daniel Defoe, Mark Twain... 
« Comment l'auteur fait-il pour me chambouler ainsi, me faire croire dur comme fer aux choses insensées qu'il raconte ? » (p. 26) 
« Comment un écrivain parvient-il à enfiler des mots ordinaires les uns après les autres pour, à la fin, vous clouer de stupéfaction ou vous faire rire ou vous faire pleurer ou les trois à la fois quand il est très fort ? » (p. 64)

agenda 21 nov - emprunt mdtk

Merci, Juin, pour l'idée !