l'idée ridicule

RM

La ridícula idea de no volver a verte, 2014
traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse
Editions Métailié, 22 janvier 2015, 177 p.   

♥♥♥♥

Traduction littérale de la version originale, le titre semble promettre une histoire à l'eau de rose.
La couverture, quant à elle, laisse attendre une biographie de Nadia Comăneci, Surya Bonaly, ou Philippe Candeloro. Ou un guide pratique sur les produits ménagers qui nettoient sans rayer (comme Cif, souvenez-vous)...
Il s'agit en fait d'une biographie de Marie Curie assortie de réflexions personnelles de l'auteur sur l'amour, le couple, le deuil, la condition féminine, la « faiblesse masculine » (sic). Rosa Montero établit des parallèles entre Marie Curie et elle-même sur ces sujets, ainsi que sur leurs parcours 'professionnels' respectifs - la recherche et la science pour l'une, la création littéraire pour l'autre. 

J'ai lu récemment quelques ouvrages similaires où l'auteur entremêle sa propre histoire (ou une partie) à celle d'un personnage célèbre : Sagan 1954 de Anne Berest, La femme qui pleure de Zoe Valdes. L'exercice est délicat, le biographe doit trouver le bon dosage pour s'effacer derrière son sujet. A moins que les choses ne soient claires d'emblée, comme ici : « Chargée d'écrire une préface pour l'extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie, Rosa Montera s'est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective (...). » Bon.

J'avoue que les réflexions de l'auteur m'ont parfois agacée (tournures maladroites, poncifs et raccourcis). J'ai été plus intéressée par la vie de Marie Curie et par le contexte scientifique. J'y ai retrouvé des éléments de Blanche et Marie (ouvrage de Per Olov Enquist) et des 'Palmes de M. Schutz' (pièce de théâtre de 1989 de Jean-Noël Fenwick, adaptée au cinéma en 1997 par Claude Pinoteau) : fragilité de Marie (phases dépressives) alliée à une résistance physique phénoménale, amour fusionnel du couple Curie, grande pauvreté, recherches dans un hangar miteux et glacial l'hiver, exposition insensée au radium et autres substances ultra-toxiques, fascination générale - des scientifiques mais aussi du grand public - pour ce produit, « génie moderne de la lampe, l'esprit le plus puissant et fulgurant, l'inépuisable force suprême, comme un journaliste avait défini le radium », à tel point qu'il entra dans la composition de nombreux produits de grande consommation (vêtements, cosmétiques, boissons, textile, chocolat, suppositoires...).*

Après cette lecture enrichissante : revoir 'Les Palmes de M. Schutz', visionné à sa sortie en salle en 1997. 

agenda 3 au 5 janvier - merci PN ! Papa noel 

* voir les publicités ici.

marie curie1  marie curie2
Marie (née Maria Salomea Skłodowskaet Pierre Curie

marie curie4
Marie et ses filles, Irène et Eve
Copyright © Association Curie Joliot-Curie

joliot curie
Irène Curie et son mari Frédéric Joliot

eve curie
Eve Curie en 1937 (écrivain, journaliste et pianiste)