le jour où je

Actes Sud Junior, 2 octobre 2010, 73 p.

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Tessa ne supporte pas Joanna, c'est physique, épidermique. Sa seule vue la rend dingue. L'autre a tout pour elle : le physique et l'allure de rêve, le fric, les vacances de Noël à Saint Martin entourée de people.
Elles ne se connaissent pas vraiment, et Joanna ne lui a rien fait de particulier. Ou plutôt si, aux yeux de filles éblouissantes comme elle, Tessa fait figure de petite chose grise qu'on ne remarque pas, qui passe inaperçue, dont on oublie le nom d'une fois à l'autre. Ça, ça fait mal. Alors quand l'autre la ramène une énième fois sur la chance qu'elle a, Tessa frappe fort pour lui clouer le bec, quitte à raconter n'importe quoi...

Tous les clichés sont là : la fille complexée et jalouse, le meilleur copain homo, la peste pas foncièrement méchante mais qui agace avec ses vantardises - et qui, en plus, va jouer un acteur connu ! Exactement les mêmes stéréotypes que dans Girl Online (Zoe Sugg), tiens... 
Tous les clichés et tous les ingrédients pour plaire aux filles de 12-13 ans - alors que les protagonistes sont censés être lycéens donc un peu moins neuneus que ça, quand même...

De Gilles Abier, je viens de lire La piscine était vide, dans cette même collection 'Une seule voix'. Le contraste est saisissant : l'autre est un roman-choc destiné à un public averti (quatorze ans et plus), celui-ci est une comédie ultra-légère, une histoire de fans hystériques, de jalousie, de surenchère, de mensonge, d'aventure abracadabrante. Je n'ai pas adhéré du tout, pas souri une seule fois.

Pour finir poliment, je dirai que l'auteur et la collection offrent une palette variée. Moins gentiment, je dirai que ce roman me semble bâclé, formaté, sans intérêt. 

agenda 29 déc - emprunt mdtk