capirces

delye

Didier Jeunesse, 25 février 2015, 320 p.
illustrations d'Albertine

C'est décidé, sa Majesté abdique. Non pas de son titre de roi mais de son rôle de père. La Princesse est décidément insupportable avec ses caprices et ses colères : "on peut toujours compter sur l'imagination délirante et débordante des enfants pour rendre marteaux leurs parents" - oh oui ! Mais en plus, élevée dans l'opulence, cette Princesse aussi splendide qu'invivable ne s'est jamais vu opposer de "non", ni même de "peut-être" à ses désirs/ordres. 
Et si on la mariait ? Le père serait débarrassé et la jeune fille serait bien occupée à recevoir (et éconduire) tous ses prétendants. Là encore, c'est la Princesse qui pose ses conditions, sa main se mérite, il y a une énigme à résoudre. Une énigme qu'elle pense insoluble. Les nobles se succèdent, puis des pauvres, les têtes tombent. Jean, jeune bûcheron "travailleur, honnête et droit", tente sa chance...

Des contes de ce genre, vous en avez lu des dizaines ? Moi aussi. La surprise n'en a été que meilleure en découvrant cette version pleine de bonnes trouvailles. Sous ses airs de roman fifille loufoque, ce conte revisité est une vraie pépite !
J'ose comparer ce merveilleux texte au 'Petit Prince' : aventures et rencontres, mais surtout poésie et sagesse, notamment autour des notions de richesse, de pauvreté, de courage et de mérite. Avec une légèreté en plus, dans le meilleur sens du terme : cet ouvrage n'est pas moins profond, mais plus drôle (humour dans les situations, les dialogues, les jeux de mots).


La couverture (rose, jaune, girly) et le format (300 pages très aérées) ne rendent pas hommage au livre, à mon sens. On peut craindre qu'ils ne visent pas le bon public. Cette histoire se déguste telle quelle dès huit-neuf ans (filles et garçons), et les adultes devraient jubiler à cette lecture. 

agenda 15 fév. - emprunt mdtk

> EXTRAITS 

■  Le Roi sortit en plantant là la Princesse, sans lui laisser le temps de se mettre à crier elle aussi. Elle en fut si frustrée qu'elle fit venir en quatrième vitesse toutes ses dames de compagnie, toutes ses domestiques pour pouvoir leur hurler qu'elle voulait être seule.

■  Mademoiselle, il faut beaucoup de pauvres pour faire un riche, ne l'oubliez pas. Et dans cette ville, certains ont des poches sans fond et de l'avidité sans limites.

■  [...] ils se retrouvèrent enfin seuls, à deux, ce qui est un bon nombre pour supporter la solitude, et un nombre merveilleux pour les amoureux.