désordre

pennyh

Tideline, 2011
traduit de l'anglais par Julie Sibony
Sonatine, 2013
Le livre de Poche, 2 avril 2014, 430 p.

♥♥♥♥

Chère madame, la ménopause approche et vous avez envie de revivre l'amour de vos quinze ans ? Capturez et séquestrez un ado ! 
Présenté comme ça, c'est atroce, malsain, immoral. On est bien d'accord.

Sonia, quarante-quatre ans, se retrouve prise dans cet engrenage alors qu'elle est en train de tout perdre : sa fille vient de quitter le foyer pour suivre ses études de médecine, son mari neurologue s'absente de plus en plus souvent pour donner des conférences à l'étranger. Et surtout, la maison au bord de la Tamise où elle a vécu depuis son enfance doit être mise en vente. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le fleuve : trop de souvenirs sont attachés aux berges, Sonia ne veut pas partir. Et on en revient à cet amour adolescent qui semble s'être prématurément et tragiquement terminé et que Sonia essaie de ressusciter avec Jez, le neveu d'une amie qui a eu la mauvaise idée de venir se jeter dans la gueule du loup...

De nouveau une histoire de séquestration dans un thriller psychologique, vue cette fois du côté ravisseur et avec cette particularité qu'il s'agit d'une femme retenant un jeune garçon contre son gré. Ça pourrait être dérangeant. Ça l'est si on s'arrête à cette idée, mais on se focalise sur Sonia, en plein désarroi, en plein déni, aspirée dans le tourbillon de sa folie, elle qui contemple et caresse sa victime comme le ferait une amante abandonnée/endeuillée, mais aussi comme une mère.
« Je ne peux pas leur dire qu'il est avec moi depuis tout ce temps. Personne ne comprendrait. Ça ne collera pas avec leur conception du monde. Ça ne colle pas, ce qui ne veut pas dire que c'est mal. » (p. 115)

Cet ouvrage traite de manière assez classique de la crise de la quarantaine (couple, pré-ménopause, dépression), de la rivalité entre soeurs, et de la jalousie d'une manière plus générale, quelle qu'elle soit, celle qui vous bouffe, vous étouffe : « Je connais parfaitement le sentiment qu'elle décrit, cette douleur que j'ai moi aussi éprouvée avec Jasmine il y a des années. Cette terrible impasse. En avouant votre souffrance, vous vous attirez du mépris ; en la gardant pour vous, vous continuez à souffrir. C'est une malédiction. » (p. 294)

L'intrigue, particulièrement oppressante et répétitive, m'a semblé bien longue. Les passages avec le radeau et Seb m'ont souvent ennuyée.
La fin réserve une surprise de taille, je n'avais rien vu venir. J'ai donc rajouté une demi-étoile in extremis ! Mais je ne suis pas bluffée au point d'avoir envie de revenir vers cette auteur.

agenda 1er & 2 mars

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