comme dieu le veut

ammaniti

Come Dio comanda, 2006
traduit de l'italien par Myriem Bouzaher

Grasset & Fasquelle, 2008
Le Livre de Poche, 12 mai 2012, 531 p.

♥♥♥♠♠

Un patelin perdu d'Italie que les jolies jeunes filles rêvent de quitter pour Milan, Rome, New York...
Cristiano, treize ans, vit seul avec son père Rino. Celui-là, on pourrait le présenter comme un blaireau fini, alcoolique, violent et facho (un drapeau avec une croix gammée au-dessus de son lit, faut le faire). On peut dire aussi à sa décharge qu'il a perdu femme et boulot, et qu'entre deux cuites, il adore son fiston - qui le lui rend bien - même s'il lui met de drôles d'idées en tête.
Les deux potes de Rino sont aussi losers que lui, et moins futés. Danilo va mal depuis que sa femme l'a quitté après la mort de leur enfant, il cherche à la faire revenir. Et 'Quattro Formaggi' est 'fou comme un cheval' depuis un accident, mais ça n'a jamais tourné trop rond dans sa tête, il a toujours été une proie facile pour les brimades...
Ras-le-bol de vivoter, de gagner quelques billets avec des petits boulots, ces trois-là ont soudain l'idée de s'enrichir vite et bien.

De Niccolò Ammaniti, j'ai lu et aimé Moi et toi et Je n'ai pas peur, romans subtils, courts et percutants. 
J'étais très enthousiaste en démarrant ce volumineux Comme Dieu le veut : personnages hauts en couleur, violence et tendresse, portrait acide et grinçant d'une société qui part en vrille, humour dans certaines situations. 
J'ai trouvé avec délice des accents de John Steinbeck (Tendre Jeudi, Rue de la Sardine), Silvia Avallone (D'Acier, Marina Bellezza), et Dennis Lehane (Mystic River). 
Coup de faiblesse à mi-parcours, quand je suis arrivée au pivot de l'intrigue, avec tous ces drames qui surviennent en cascade en une nuit. Trop, c'est trop, rien ne nous est épargné ** spoil  un viol, un meurtre, un accident, un AVC, l'agonie d'un bébé sous les yeux de son papa ** - ceci sur deux cents pages interminables. L'alternance très rapide entre les personnages donne la sensation d'être embarqué sur un manège endiablé, et accroît encore le vertige et la nausée que ces sujets suffisent à provoquer. 
C'est dommage, j'aime vraiment l'univers et les personnages de cet auteur, et toutes ses réflexions sur la société - crise économique, médias - et l'individu - lose et rage contenue, petits arrangements avec Dieu, etc.

En conclusion : déception avec cette histoire sombre de dingues & de paumés*...

* Hubert-Félix Thiéfaine, 'Les dingues & les paumés', in Soleil cherche futur, 1982.

agenda 23 mars au 3 avril (11 jours ! )