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This is where I leave you, 2010
traduit de l'américain par Carine Chichereau
10/18, 3 mars 2011, 389 p.

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Aucun des quatre enfants Foxman n'aurait imaginé que leur père juif non pratiquant exigerait une shiv'ah pour son décès. Les voilà donc réunis pour une semaine dans la maison parentale, accueillis par leur maman, une pédo-psy aux allures de cougar, aussi compréhensive et sage qu'envahissante et pénible. La 'mère juive' dans toute sa splendeur : généreuse, chaleureuse, expansive, étouffante, insupportable.

Leur mission à tous durant les sept jours de ce protocole : accueillir les voisins, écouter leurs condoléances et propres doléances, ceci assis sur des petites chaises basses, donc avec vue imprenable sur les entrejambes, les fesses molles, les varices, les pieds de ceux qui défilent.
this is whereLe reste du temps : la maman, les membres de la fratrie et leurs "rapportés" doivent cohabiter dans cette maison pas très grande où les murs, percés et bricolés par le défunt papa électricien, ne préservent pas grand chose de l'intimité. 
Pas facile ! Wendy, Paul, Judd et Phillip sont très différents, ils trimbalent avec eux leur compagne/époux du moment, leurs gamins, leur déprime. Ils ont pas mal de comptes à régler entre eux et avec leur mère, et comme ils ne savent pas exprimer leur sentiments (qu'ils « répriment jusqu'à s'empoisonner », sic), quand ça déborde, ça explose : les vacheries et insultes volent, les poings partent vite même, entre hommes. Il y a aussi des bons moments, des souvenirs nostalgiques, des pardons, de la rigolade, des conseils fraternels. N'empêche que les querelles ne sont jamais loin, ça peut partir en vrille à tout moment, d'autant qu'ils ont pour la plupart un solide appétit sexuel - sujet qui fâche si on se mélange un peu trop...

Par la voix de Judd, Jonathan Tropper nous parle de deuil, de famille, de parentalité, d'éducation, de fratrie, de couple, d'adultère et de sexualité, avec un talent rare, une grande subtilité. Beaucoup d'autodérision de la part du narrateur, d'humour dans les échanges, dans les situations, et dans le langage imagé de l'auteur, sans la lourdeur du loufoque ou de l'auto-apitoiement qu'on trouve parfois dans ce genre de saga familiale et/ou d'humour dit 'juif'.

Je me suis régalée ! Empathie totale avec plusieurs personnages (notamment Judd et sa grande soeur Wendy), émotion, sourires, rires, échos rencontrés dans de nombreuses situations et réflexions.

Merci Latina/Cécile pour cet excellent conseil ! Emoji

agenda 4 au 8 avril

■  quelques précisions sur la Shiv'ah dans Wikipedia