l'arbre à bouteilles

lansd

Mucho Mojo, 1994
traduit de l'américain par Bernard Blanc
Gallimard, Série noire, 1999
Folio Policier, 2004, 350 p.

♥♥♥♥♥

Deux super potes quadragénaires : Leonard Pine, Noir homo, et Hap Collins, Blanc hétéro. 
Voilà une intro à la limite du politiquement incorrect : les hommes sont tous pareils, on s'en fiche de leur couleur et de leurs préférences sexuelles, et blablabla. Oui mais : difficile de présenter cette série autrement tant ces différences "d'étiquette" nourrissent les savoureux échanges de ces deux copains et expliquent la complexité des situations auxquelles ils sont confrontés. Ici, c'est Hap qui évolue parmi des Noirs, dans un quartier sinistré où le crack fait des dégâts sur des mômes de dix ans, voire moins. Hap aide son copain Leonard à retaper la maison dont il a hérité à la mort de son oncle, mais aussi à débrouiller un paquet d'embrouilles livré avec la bicoque... 

Excellent ! Je m'étais imaginé à tort un duo de flics tendance cow-boy machos portés sur la picole. Pas du tout. Leonard et Hap ne sont pas flics mais, d'après ce que j'ai compris, souvent entre deux petits boulots. Ils sont sobres, sains, pas bourrins, mais ils n'ont rien contre des petites bastons de temps en temps - juste pour jouer les justiciers, attention, quand les autorités sont défaillantes. Ils ont la malchance de croiser sur leur route de drôles d'affaires, de drôles de gugusses, mais aussi des gens bien - qui savent les décevoir aussi, ça reste réaliste. 
Beaucoup d'humour dans les reparties entre ces deux potes qui s'adorent, se balancent des vacheries tendres et des mots d'amour enrobés de rudesse. Ils sont sérieux, parfois, s'épanchent, parlent de la vie, de l'amour, de la condition des Noirs aux Etats-Unis, du bien et du mal...
L'intrigue (sombre) est relativement prévisible, mais le dénouement de l'histoire était le cadet de mes soucis tant j'ai aimé accompagner Leonard et Hap.

L'Arbre à bouteilles est le premier opus de la série Hap Collins & Leonard Pine traduit en France. 
Je note : découvrir d'urgence le premier publié par l'auteur (Les mécanos de Vénus), pour mieux comprendre le passé des deux potes, brièvement évoqué dans le deuxième volet. Et bien sûr pour retrouver ce duo choc avant de me lancer dans la suite de leurs aventures (onze titres à ce jour).

Sans les deux bastons - assez brèves pourtant, mais ça reste trop pour les petites âmes sensibles -, j'aurais mis un coeur géant en plus de ces cinq étoiles.

Mon billet ne vous convainc pas ? Filez lire tous les avis enthousiastes sur Babelio 

• Un grand merci à Gildas pour le prêt !

agenda 14 & 15 mai