le coma des mortelsAlbin Michel, 1e juin 2016, 388 p.

♥♥♥♠♠

La femme que Pierre aimait est morte, assassinée, éviscérée dans son appartement. Bien sûr, l'amoureux est le principal suspect : pas de trace d'effraction et les voisins ont entendu une dispute... Et puis si on fouille un peu dans le passé récent de ce trentenaire, on trouve quand même pas mal de cadavres dans le placard (et dans le Canal SM) et une belle dépression.

Joli titre, qui prend tout son sens à la fin de la lecture.
Accroche réussie avec les premières pages pour les amateurs de gore.

Roman à rebours, où le narrateur évoque comment il en est arrivé là, à cette vie, à cette femme...
Lecture très agréable grâce aux réflexions à la fois pertinentes et amusantes sur la vie, la mort, la dépression, le couple, la part animale en l'homme (l'homme sans grand H : le mâle, surtout)... Voilà pour les côtés sympas.
Le problème, c'est que l'histoire et les personnages deviennent vite loufdingues. Et si l'humour fait partie des qualités de ce roman, on tombe quand même dans l'excès. Peu de suspense, non pas parce qu'on devine la fin, mais parce que rien n'est crédible, notre Pierre est bien mollasson, l'intrigue est souvent plus eau-de-rose et gnan-gnan que diabolique.
J'ai beaucoup pensé au cours de cette lecture à des romans de Pascal Garnier, Philippe Djian, Jean-Paul Dubois, Antoine Laurain... mais à ceux que j'ai le moins aimés chez ces auteurs, et à leurs défauts.

J'ai lu deux autres romans de Maxime Chattam. J'ai eu l'impression, à chacune des trois lectures, d'avoir affaire à des auteurs différents. Le cocktail 'fantastique & aventure' de La théorie Gaïa m'avait complètement rebutée, j'avais en revanche été bluffée par la construction, l'histoire et le style de Que ta volonté soit faite... Il en faut pour tous les goûts, je vois en lisant les avis sur Babelio qu'en variant à ce point d'un roman à l'autre, Chattam peut décevoir ses fans ou conquérir de nouveaux lecteurs...

Merci Sandrine pour cette lecture commune en léger différé ! 😏

agenda 4 au 7 juin - merci à Aurore et aux éditions Albin Michel.