un coeur grosNathan Poche, coll. 'C'est la vie !', 8 septembre 2011, 101 p.

■  lu par Canel

Manu, c'est le ptit gars qu'a pas de bol. Tombé dans la mauvaise famille - pas de maltraitance, mais peu d'attention, faute de temps et d'argent -, des difficultés pour lire, s'exprimer. Du coup il est toujours un peu à la ramasse, ses camarades de classe en rient, mais grâce à la finesse de leur institutrice, ça reste sympa. D'autant que Manu, généreux et gentil, n'est pas susceptible. Lorsque la classe part en séjour découverte en montagne pour trois semaines, aucun adulte n'accompagne Manu, il a oublié son picnic, et sur place, il est le seul à ne jamais recevoir de courrier... Mais Manu ne se plaint jamais, il est doué pour trouver des petits bonheurs partout : un chien sympa, l'observation des étoiles, du rab à la cantine, les échanges avec Garance...

Conseillé aux jeunes lecteurs à partir de huit ans, ce roman est une petite merveille de douceur, de poésie, de générosité et d'humour. Jamais neuneu malgré quelques bons sentiments, il rappelle parfois le ton du 'Petit Nicolas' en moins délirant, et sonne souvent très juste. Ces gamins sont aussi turbulents que sympas et rigolos, comme des vrais ! J'ai adoré cette lecture, mais ai été désagréablement surprise par la fin, que je ne suis pas sûre d'avoir comprise - Manu avait-il deviné qui était l'auteur de ses lettres ? -, et je trouve étonnant (et dommage) que l'histoire se recentre sur l'enfant choyée...

De cette auteur, j'ai lu et relu Faut pas pousser Mémé, que je trouve toujours aussi intense et émouvant.

■  et Mr

Garance part en classe de neige, accompagnée de ses parents jusqu’au car. En chemin ils croisent Manu qui traîne sa valise, seul ; la mère de Garance l'invite à se joindre à eux.
Manu, n’est pas à proprement parler le souffre-douleur de la classe, mais pour tous il est un pauvre garçon malchanceux dont on se moque volontiers. Lors de ce séjour 'découverte', loin des murs de la classe, les comportements et les relations habituelles entre les uns et les autres changent, influencés par un environnement nouveau. Pour Manu, l’éloignement d’une famille peu attentive est une opportunité. D’une certaine manière il en est de même pour Garance, qui pourra momentanément s’affranchir de la surprotection maternelle.

Une courte histoire agréable à lire, dans laquelle j’ai apprécié la spontanéité et la naïveté des enfants. La réalité est parfois moins tendre, mais cet ouvrage s’adresse à des jeunes (à  partir de huit ans selon l’éditeur) et le ton est adapté à ce public, sans toutefois tomber dans la mièvrerie.

agenda 21 août