le voyage de ph

jungQuadrants, octobre 2015, 300 p.

l'avis de Canel

♥♥♥♥

Dans la mythologie grecque, le Phoenix est un oiseau qui renaît de ses cendres. Il symbolise les cycles de mort et de résurrection.
Dans cet album, Jung utilise cette image pour évoquer la résilience, cette capacité humaine à surmonter les traumatismes et à en ressortir grandi, plus fort.
Deux cas ici : Jennifer qui a un grand vide à la place du père, et Aron, papa endeuillé. Ils se sont connus via Kim, petit orphelin qui a quitté la Corée pour être adopté aux Etats-Unis, et a donc dû s'adapter à une autre vie, lui aussi.

L'auteur reprend les thèmes autobiographiques développés dans sa trilogie 'Couleur de peau, Miel' : adoption, exil, deuil, problèmes identitaires. Il évoque également ici la Corée, la guerre dans les années 50, et l'oppression subie depuis plusieurs décennies par le peuple nord-coréen sous la dynastie communiste des Kim.

J'ai retrouvé avec délice la finesse de Jung, tant sur la forme que sur le fond. Le graphisme est superbe (visages doux et fins, sourires lumineux, gestes de tendresse très évocateurs) et les propos subtils servent à la perfection cette histoire belle et tragique.

agenda 24 août

l'avis de Mr

♥♥♥

Jennifer a travaillé dans un orphelinat en Corée du sud. Elle s’attachait à certains enfants mais devait se réjouir de les voir partir dans une famille d’accueil européenne ou américaine, en principe vers un avenir plus souriant... Elle nous parle de la vie de Kim, dont elle eut des nouvelles longtemps après son départ. Elle nous raconte aussi sa propre vie, qui fait écho à celle de Kim, puisqu’elle-même a vécu sans connaître son père. C’est la guerre de Corée qui a perturbé les destins de ces familles et de ces individus.

Ces histoires familiales sont émouvantes, tandis que le contexte géopolitique de la guerre de Corée est bien résumé. Le livre est tellement captivant que j’en ai oublié de prêter attention au graphisme (plus exactement, je l’ai trouvé adapté au récit, alors qu’en feuilletant simplement l’ouvrage, il ne m’atttirait pas particulièrement). Mon seul bémol réside dans mon appréciation de l’image du Phoenix renaissant de ses cendres, trop artificielle pour moi.

En résumé : un magnifique ouvrage, plein d’humanité et qui rappelle bien le contexte et des conséquences de la guerre dite « froide » entre les USA et l’URSS.

 • Un grand merci à Marina pour le prêt ! 😊